Piranha 3D

Piranha 3D de Alexandre Aja

On m’a un peu trainé de force lorsque j’ai vu mon premier film d’Alexandre Aja. C’était La Colline a des Yeux et ça ne me disait absolument rien du tout, d’autant plus que je ne regardais pas trop de films d’horreur à l’époque. J’y suis donc allé à reculons et j’ai été terriblement surpris. Le film était violent, choquant et particulièrement éprouvant. Jamais de ma vie je n’avais autant détesté des monstres et n’avait éprouvé une telle délivrance lorsque le héros en venait à bout. Un de mes souvenirs de cinéma les plus marquants.

Pour Piranha 3D je suis parti du même point de départ. Malgré le nom du réalisateur sur l’affiche, voir des minettes se faire bouffer par des poissons ne me disait trop rien. J’avais peur que ce soit ridicule, mal tourné et ciblé pour les ados en chaleur en mal de sensation. Même si mon sentiment est plus mitigé que sur La Colline, je suis sorti de la salle assez surpris.

Aja démontre encore qu’il est un bon réalisateur et qu’il s’en sort très bien dans le genre difficile de l’horreur. Le film est lisible, bien cadré et les scènes sous-marines sont superbement rendues. Bien sûr tout est relatif puisqu’Aja prend plaisir à cadrer serré sur les atouts avantageux de l’ensemble du casting féminin qui ne porte bien souvent pas grand chose et se dandine sur du boum-boum pendant les 3/4 du film avant de passer à la moulinette. Ça c’est pour le côté « attirons les ados en chaleur ». Bon, avouons qu’elles sont plutôt bien foutues mais était-il vraiment nécessaire de tirer autant sur la ficelle du stri… heu du teenage-movie ? Vous allez me dire que c’est les vacances, il fait chaud, il y a la mer et… et Spielberg a réussi à faire de ses Dents de la Mer un film de vacanciers sans vulgarité et dont le bain de minuit d’introduction était bien plus excitant que les minettes siliconées et ivres d’Aja.

La fête bat son plein... pour les piranhas

Pourtant, Piranha 3D est sans doute le digne héritier des Dents de la Mer. Tout comme le chef-d’œuvre de 1975, c’est un film ancré dans son temps, qui présente une jeunesse désœuvrée qui passe son temps à « faire la fête », et qui tire admirablement bien sur les ficelles du suspense et de la peur même si celle-ci est moins suggérée que chez Spielberg et que le film a tendance à sombrer trop souvent dans la démonstration de gore. Car, oui, Piranha 3D est gore ! Si dans la première moitié du film l’eau bouillonnante d’activité prend simplement une teinte écarlate lors des exécutions, la dernière demi-heure est une véritable boucherie pleine d’originalité, certes, mais où aucun détail ne nous est épargné. Une surenchère assez dégueulasse, disons-le, qui devrait rebuter genre 90% des gens d’aller voir le film voire de continuer à regarder des films d’horreurs. Pour ma part, j’en ai vu des films d’horreurs et du sang mais je crois que jamais je n’avais vu un film aussi crade.

En clair, j’ai trouvé ma nouvelle limite dans l’horreur, limite détenue jusque-là par le récent Halloween II qui m’avait limite fait rendre mon quatre-heure. Piranha 3D a toutefois le mérite d’ajouter un peu d’humour noir pour faire mieux passer la pilule et de limiter la boucherie à une infime partie du film là où Michael Myers enchainait les exécutions sans temps mort (sans jeu de mots) durant 1h40. Braindead de Peter Jackson était sans doute plus gore encore mais tellement décalé et ridicule que ça en devenait vraiment hilarant. Ce qui n’est pas le cas de Piranha 3D.

"Qui veut du sushi ?!"

Bref, cet interlude pour dire donc que Piranha aurait largement mérité une interdiction au moins de 16 voire 18 ans alors qu’il se contente d’un mignonet -12. Franchement un gosse de 13 ans qui voit ce film est dégouté à vie de la baignade et du cinéma ! Côté histoire, pas grand chose à signaler. C’est très simpliste et convenu, juste prétexte à balancer des poissons préhistoriques dans une baie touristique (les Dents de la Mer n’avait pas fait mieux, d’ailleurs mais c’était quand même très efficace). Le casting est composé majoritairement d’inconnus auxquels se greffent Ving Rhames et Elisabeth Shue. On appréciera cependant le caméo d’ouverture de Richard Dreyfuss habillé à l’identique 35 ans après avoir traqué le célèbre requin blanc avec Roy Scheider ! Christopher Lloyd, le célèbre Doc de Retour Vers le Futur, toujours aussi déjanté a aussi un petit rôle bien sympathique et au final d’une importance capitale.

Côté 3D j’avoue avoir été bluffé. Le rendu est tout aussi réussi que l’immersif Avatar. Même si Aja joue moins avec la caméra que Cameron, ce Piranha 3D n’a pas volé son nom et est sans doute le film à lunettes live le plus réussi depuis bientôt 1 an. Au final, le dernier Aja est une excellente surprise. Un très bon film d’horreur un poil trop dénudé et trop gore mais qui, à côté des insubmersibles et ridicules Saw, qui misent sur la surenchère sans second degré depuis bientôt 7 ans, reste un bon film de série B à la limite du Z. Peu de chances que je le revois un jour mais au moins j’en ai eu pour mon argent, lunettes comprises !

J’écris des histoires, conçois des jeux depuis près de 20 ans et je réalise des courts-métrages. J’ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l’imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques

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