Titanic 3D

Titanic 3D de James Cameron

Il y a les films qui marquent, qui restent gravés dans l’esprit du spectateur, quelques temps après leur vision. C’est le genre de films desquels on sort avec le sourire. On en parle autour de soi, pour inciter les autres à aller les voir, en leur disant tout le bien qu’on en pense, et on prend toujours du plaisir à les revoir, de temps en temps, en DVD ou à la télé. Et puis il y a les films qui hantent. De ceux-là on sort les yeux brillants, parfois tremblant, comme dans un rêve. Ce genre de films qui nous coupent littéralement du monde le temps de la projection et nous font découvrir une histoire tellement prenante et marquante, qu’à peine sorti de la salle on ressent un vide en nous, une nostalgie qui mettra longtemps à se dissiper et que chaque vision du film ne fera que faire réapparaitre. Titanic est de cette trempe-là.

Vous l’aurez compris, à la lecture de cette introduction,  j’ose le dire, l’écrire même, honte à moi : J’aime Titanic ! Autant que vous soyez prévenus avant d’aller plus loin. Rassurez-vous, je vais bien, pour ceux qui commenceraient déjà à s’inquiéter de mon état de santé. J’aime ce film et, excusez-moi d’être aussi cru (eux le sont tout autant) ; j’emmerde les détracteurs extrémistes sans cœur et de mauvaise foi qui ricanent quand on parle de ce chef-d’œuvre et se la jouent machos-virils-au-rire-gras simplement parce qu’il y a une histoire d’amour dedans ! A croire que leur cœur de pierre (de glace ?) n’a jamais battu pour une âme sœur et que, comme pour les accidents de la route, l’Amour, le vrai, celui qui marque une vie, ça n’arrive qu’aux autres !

J’ai lu et entendu de nombreuses fois ces gens-là, qui n’hésitent pas à critiquer et enfoncer ce film, à tous les niveaux, et le qualifient de navet ultime complétement raté. Tout cet acharnement ressemble d’ailleurs, étonnamment, à une sorte mode que se croit obligée de suivre cette élite « cinéphile », qui prend pourtant du plaisir à regarder de vrais « films de merde » et à le crier haut et fort, parce qu’ils sont plus cools que ce qu’ils considèrent comme la plus grosse faute de parcours de James Cameron. Curieusement c’est aussi un cas de figure qu’on retrouve avec Avatar, le dernier opus du réalisateur, qui contient lui-aussi une histoire d’amour… Qu’on accroche pas à l’histoire, à cet amour impossible ou aux personnages de Titanic, c’est une chose. Mais on ne peut décemment pas faire l’impasse sur le travail de reconstitution titanesque (sans jeu de mot) qui a aidé à faire entrer ce film dans la légende. Que ce soit au niveau des costumes, des décors ou des effets visuels, révolutionnaires pour l’époque, s’il y avait bien quelques éléments à sauver ça serait quand même ceux-là, non ?

La belle et talentueuse Kate Winslet fut LA révélation du film

Bref, voilà pour la mise au point et le coup de gueule, qui me semblaient nécessaire pour défendre ce véritable bijou si souvent et injustement décrié. Retournons à notre paquebot. J’avais douze ans quand j’ai vu Titanic au cinéma en janvier 1998. Ce film restera dans ma mémoire comme étant la première grosse claque cinématographique de mon existence. Jamais je n’avais vu de film de cette envergure et, j’avoue ne pas en avoir vu beaucoup depuis lors. J’ai vu le film trois fois au cinéma, cette année-là, puis seulement une poignée de fois en VHS ou à la TV. En gros, en entrant dans la salle pour voir Titanic 3D, j’estimais ne pas l’avoir vu depuis près de 10 ans !

Et finalement, même si ça me fait prendre un sacré coup de vieux de me dire qu’il est sorti il y a 15 ans, ne pas le revoir pendant aussi longtemps a été la meilleure idée non-intentionnelle que j’ai pu avoir. Cela m’a permis de redécouvrir ce film, que je croyais connaitre par cœur, avec un regard neuf, avec mes yeux et mon âme d’adulte. Et, plus d’une décennie après la première fois, j’avoue avoir encore pris une énorme claque !

Même 15 ans après, le film est toujours aussi impressionnant

Bon, attention, cette nouvelle version reste exactement la même que celle qu’on a pu voir en 98 ; Cameron, en bon perfectionniste qu’il est, n’est pourtant pas Lucas et ne passe pas son temps à modifier sans cesse ce qu’il a fait par le passé. Titanic 3D c’est le même film qu’avant. Mais en mieux ! Ayant bénéficié d’une restauration haute définition absolument hallucinante, cette ressortie en salle permet, ni plus ni moins, de (re)découvrir le film avec une qualité d’image et de son encore jamais atteinte !

Tout au long de la projection, je n’ai pas arrêté de m’extasier devant l’extraordinaire niveau de détails des costumes, des accessoires ou des décors, invisibles jusqu’alors ! Ajoutons à cela la bande-son d’une exceptionnelle pureté, qui regorge de bruitages et d’effets surrounds pour mieux nous immerger aussi bien dans les scènes intimistes que dans celles d’action. C’est bien simple, on dirait que le film a été tourné l’année dernière, tant il est techniquement à la pointe de la technologie ! Seuls les effets visuels pâtissent un peu de cette haute définition, qui les rend davantage discernables. Malgré ce détail mineur, Titanic reste un film qui supporte bien le poids des années et qui devrait continuer sans mal dans cette voie.

Les effets de morphing passé/présent sont toujours aussi magnifiques

Quid de la 3D, cet « artifice » qui semble avoir été utilisé uniquement pour justifier la ressortie du film et se faire du pognon ? Il faut bien avouer que, depuis Avatar, peu de films se sont montrés vraiment convainquants en 3D stéréoscopique et ce sans jamais atteindre la qualité de ce dernier. Autant le dire franchement et sans détours : Titanic en 3D c’est énorme ! Jamais une « simple » conversion d’un film tourné en 2D n’avait atteint un tel rendu ! L’immersion est juste incroyable et le boulot de l’équipe qui s’est chargé de cette conversion est formidable, puisqu’il donne vraiment l’impression que Titanic a été tourné en 3D, rien que ça ! Évidemment, ne vous attendez pas à voir surgir des trucs de l’écran et à en prendre plein la vue. Avec son Titanic 3D, James Cameron, comme pour Avatar, fait plus dans le subtil, le réaliste en jouant sur les différents plans de l’image.

L’écran de cinéma devient alors une fenêtre ouverte sur ce monde de fiction et offre un niveau de profondeur criant de vérité. Que ce soit dans le premier acte, où les interactions entre les personnages sont nombreuses, ou durant le second, où l’inexorable naufrage présente des plans vertigineux, on se croirait littéralement à bord du paquebot mythique, en compagnie de ces personnages si attachants ! Titanic 3D c’est l’occasion de voir au cinéma l’un des plus grands films de tous temps, dans sa version ultime, comme jamais on n’a pu le voir jusque-là ! J’envie ceux qui le découvriront avec cette version, car le choc n’en sera que plus grand ! J’ai d’ailleurs encore du mal à m’en remettre tant l’apport de la HD et de la 3D est important !

La HD permet de redécouvrir l'incroyable soin apporté aux costumes, accessoires et décors du film

C’était aussi la première fois que je le voyais en VO et, dorénavant, il me sera bien difficile de le voir à nouveau en VF, tant l’ensemble du casting est formidable. Je ne m’étendrais pas sur les nombreux seconds-rôles campés par de véritables gueules, qui incarnent avec talent des personnages marquants. Je préfère me concentrer sur le duo d’acteurs principal dont le film a lancé la carrière. Oui, tous les deux étaient jeunes, beaux et ont fait battre les cœurs de nombreux spectateurs, mais pas seulement. La symbiose entre Kate Winslet et Leonardo DiCaprio est si parfaite que leurs nombreuses passes-d’armes orales deviennent de plus en plus jubilatoires à mesure que leurs taquineries et disputes des débuts se muent subtilement en amour véritable. Le naturel et le talent des deux acteurs fait qu’on y croit, malgré le fait que le rang social de leurs personnages n’aurait sans doute pas permis une telle histoire de se réaliser.

Tout au long du film on s’attache à ce couple et à leurs péripéties et c’est sans doute leur relation, aussi belle qu’éphémère, qui apporte cette douloureuse pointe de nostalgie au moment du générique de fin. Leur histoire d’amour n’est, certes, pas bourrée d’originalité, mais elle a au moins le mérite d’être bien écrite, bien menée et bien interprétée. Nombreuses sont les critiques qui la qualifient de « gnian-gnian », mais il faut quand même souligner, qu’elle est si subtilement et intelligemment traitée, qu’au cours des trois heures de film n’est prononcée qu’une seule fois la phrase « Je t’aime ». Pour un sommet du cinéma romantique, avouez que c’est quand même léger ! En tout cas, ça suffit pour qu’on y croit et c’est tout ce qui compte, finalement.

Cette première joute verbale entre les protagonistes est l'une des meilleures scènes du film

Avant d’être un réalisateur de génie, un artiste visionnaire, James Cameron est un scénariste d’exception qui sait écrire et raconter les histoires. A ce titre, le scénario de Titanic est un modèle du genre, à la fois rythmé, complexe et ingénieux. Le script est si bien mené que Cameron parvient à nous abreuver d’informations techniques et historiques, sur l’époque ou le paquebot, par l’intermédiaire de dialogues rhétoriques intelligemment intégrés au récit ou grâce à une visite quasi-complète du navire justifiée par le récit. Ainsi, le personnage de Rose, qui appartient à la haute société, côtoie à de nombreuses reprises les responsables du bateau ou de sa construction qui distillent, petit à petit, chiffres et détails qui permettent d’appréhender avec plus d’informations la tragédie qui se joue par la suite.

Le scénario réussit aussi l’exploit d’utiliser le Titanic comme simple décor et d’en faire presque un personnage secondaire, témoin des événements vécus par ses passagers, alors qu’il en est finalement le personnage principal ! Titanic c’est un peu la petite histoire de la grande Histoire, même si on reste évidemment dans le cadre d’une fiction.

La reconstitution de l'inexorable naufrage est toujours d'un réalisme saisissant !

Difficile aussi de ne pas souligner la qualité d’écriture des dialogues, parfois drôles, décalés ou incisifs et aux tonalités contemporaines mais qui ne jurent jamais avec l’époque à laquelle se déroule le film. James Cameron est aussi un maitre du suspense qui multiplie les climax pour relancer, sans cesse, une intrigue dont la dernière heure est particulièrement éprouvante, tant elle est bourrée de rebondissements, de passages apocalyptiques et de scènes d’anthologie.

James Cameron a toujours été un grand féministe qui n’a jamais cessé de montrer les femmes comme des battantes à la fois fortes et fragiles mais qui n’abandonnent jamais, quoi qu’elles aient à affronter. Porté par le naturel de la jeune Kate Winslet, le personnage de Rose, jeune aristocrate rebelle, est un personnage puissant et déterminé comme le réalisateur les affectionne tant. Emprisonnée par une mère sévère et possessive, dans une société régie par des conventions et des personnalités qu’elle exècre, la jeune femme va découvrir auprès de Jack, joué par Leonardo DiCaprio, une vision de la vie qu’elle n’imaginait qu’en rêve.

Rose & Jack c'est la représentation ultime et intemporelle du Grand Amour

Ce dernier donne à Rose cette force et ce courage dont elle avait besoin pour se libérer de ce monde qu’elle déteste tant et qui ne lui correspond pas. Le jeune homme lui permet, en quelques sorte, de renaître et de pouvoir enfin vivre la vie qu’elle souhaite et non plus celle qui lui est imposée par son rang social. « Never let go », lui fait-il promettre (« n’abandonne jamais »). Et, malgré la perte de l’amour de sa vie, Rose, marquée pour l’éternité par cette rencontre, ne cessera jamais de se battre, de tout faire pour être heureuse et de continuer à vivre, sans cet homme qui lui a montré la voie du bonheur. Changer la vie de la personne qu’on aime et lui offrir des perspectives inconnues jusqu’alors, est-ce que ça ne serait pas ça la définition de l’Amour ?

J’écris des histoires, conçois des jeux depuis près de 20 ans et je réalise des courts-métrages. J’ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l’imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques

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