Pixels, le rétro-film buggé

Pixels de Chris Columbus

Pixels de Chris Columbus

Comment peut-on se planter à ce point? Comment peut-on transformer un court-métrage cool et original en un tel amas de pixels informes de près de deux heures? Pixels ne serait-il pas simplement le dernier témoin en date de la décrépitude progressive d’un système hollywoodien en manque d’originalité?

Si, sur le papier, le pitch mêlant jeux rétros et monde réel paraissait intéressant, il s’avère rapidement qu’il a tout de la fausse bonne idée. Car, si le concept fonctionnait parfaitement dans un court de moins de 3 minutes (que vous pouvez voir ci-après), le film en démontre rapidement les limites en cherchant à y accoler un scénario typique de comédie américaine dans ce que le genre a de pire.

Tout juste retiendra-t-on, alors, les trop rares séquences d’action rétro reprenant le concept originel, hélas souvent gâchées par un montage à ellipses, qui enlève toute tension, et par une mise en scène d’une désolante platitude. Débordant de personnages affreusement caricaturaux et ridicules, de blagues lourdes et de gags qui tombent à plat, Pixels semble être un éloge à la stupidité des geeks qu’il met en scène, comme des spectateurs qu’il tente de convaincre.

Là où Edgar Wright avait parfaitement rendu hommage à cette communauté dans son déjanté Scott Pilgrim, Pixels dépeint les gamers comme des débiles asociaux, allant du timide binoclard complexé, au compétiteur sûr de lui, malhonnête et qui se la pète à mort. Ajoutons à cela le rôle des personnages féminins relégués au rang de simple objet de récompense et de réussite pour parachever cet assemblage de clichés d’un autre âge.

"Les nerds embrassent comme des dieux" (extrait du film. Sérieusement!)

« Les nerds embrassent comme des dieux » (extrait du film. Sérieusement!)

En voulant rendre hommage à cette génération qui a découvert les jeux vidéos dans les années 80-90, le nouveau film de Chris Columbus oublie de tenir compte de l’évolution du média et de ses joueurs. Il livre indéniablement l’un des pires films de l’année et manque complètement sa cible pour viser davantage les détracteurs des geeks, qui prendront plaisir à voir ainsi dépeints ceux qu’ils dénigrent.

 

J’écris des histoires, conçois des jeux depuis près de 20 ans et je réalise des courts-métrages. J’ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l’imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques

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