Visite Nocturne

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19h07

Bureau du shérif de Hopkinsville, j’écoute.

Allo Sally, c’est Ray Taylor.

Bonsoir Ray, Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

Hé bin Sally, j’me demandais s’il y avait une manifestation particulière de prévue ce soir, parce que j’ai pas été mis au courant de quoi que ce soit.

Comment ça une manifestation ?

Genre un feu d’artifice ou un quelconque spectacle pyrotechnique avec son et lumière, j’sais pas.

Non, Ray, pas ce soir. C’était le mois dernier le 4 juillet. Pourquoi vous demandez ça ?

Bin c’est que, y a eu une grande lumière au-dessus de la rivière y a une dizaine de minutes. Et ça a fait un boucan du diable !

Et ça a duré combien de temps ?

Même pas une minute. Juste le temps d’aller voir à la fenêtre et la lumière a disparue.

C’était sûrement un avion, Ray.

Ouais, sûrement Sally. Désolé pour le dérangement.

C’est rien, Ray. Bonne soirée.

De même.

Clic !

 

20H12

Bureau du shérif de Hopkinsville, qu’est-ce que je peux faire pour vous aider ?

Salut Sally, c’est encore Ray. T’es sûr que y a pas une fête sauvage de prévue sur un champs du père Harvey ? Tu sais le genre avec des junkies qui écoutent de la musique de barbare…

Absolument pas, Ray. Monsieur Harvey aurait prévenu le shérif. Pourquoi ?

Parce que ça fait bien cinq minutes qu’une bande de types louches rode sur mon terrain. Et ils viennent des champs de Harvey, ça c’est sûr !

Comment ça des types louches ?

J’sais pas, il fait trop noir pour qu’on voie quoi que ce soit mais ils ont l’air sapé comme des junkies. Et y a une sorte de musique. Un truc horrible. J’aime pas que des junkies viennent roder sur mon terrain.

Je comprends Ray. C’est normal. Tu veux que je t’envoie quelqu’un ?

Ouais, ça me rassurerait. On est en famille pour l’anniversaire de ma petite et les gosses sont terrifiés.

D’accord Ray, je t’envoie le shérif, dès qu’il est disponible. Il va tirer ça au clair. En attendant, barricadez-vous chez vous jusqu’à ce que la voiture arrive, d’accord ? Pas de risques inutiles, Ray.

Merci, bonsoir.

Clic !

 

21H23

Bureau du shérif de Hopkinsville, bonsoir.

Putain Sally, qu’est-ce qu’il fout le shérif ?!

Ray, c’est vous ? Calmez-vous Ray. Qu’est-ce qu’il se passe ?

Ils essaient d’entrer bon sang !

Les junkies ?

Qui vous voulez que ce soit d’autre ! Il y en a partout ! Ils encerclent la maison !

Papa ! Y en a un qui me regarde par la fenêtre !

Eloigne-toi ma chérie ! Dégage de là espèce de taré !

Ray ? Allo, Ray ? Répondez !

Casse-toi je t’ai dit ! Fout le camp !

Bom, Bom.

Qu’est-ce qu’il se passe Ray ?

Il essaie d’entrer papa !

Bom, Bom. Crash !

Il a cassé la vitre papa !

Ray ! Mettez-vous en sécurité, le shérif est sur la route. Il sera chez vous d’ici cinq minutes.

Espèce de salaud ! Laisse ma famille tranquille !

Clic… BANG !… BANG !

Dong…

Il est parti ?

J’sais pas chérie. J’crois que je l’ai eu.

Ray ? C’est vous qui avez tiré ?

Y en a un autre là !

Salopard !

BANG !

Dong…

Dites-moi ce qu’il se passe, Ray !

BANG ! Crash !

Allô ? Allô, Ray ? Vous êtes toujours là ?

Bip… Bip… Bip…

 

21h35

Shhhhh… Clic !

Sally, ici Henry, tu me reçois ?

5 sur 5 shérif.

Sally, j’viens d’arriver à la ferme Taylor.

Reçu. Ils vont bien ?

Envoie-moi des renforts et une ambulance, tu veux ?

Il y a des blessés ?

Non, mais ils sont sous le choc. Je sais pas ce qu’il s’est passé ici mais quelque chose a effrayé ces gens. On dirait un champ de bataille. Y a des douilles de fusil partout et des impacts de gros calibre sur les murs de la ferme.

Vous avez arrêté les junkies ?

Les junkies ?

Les rôdeurs qui tournaient autour de la maison ?

Heu, non. Y a bien des empreintes de pas dans l’herbe et la terre mais aucune trace de rôdeurs. Tu m’envoie cette ambulance s’il te plaît ?

Tout de suite, shérif.

Bien. Terminé.

Clic ! Shhhh…

 

Deux jours plus tard

Clic !

23 août 1955, bureau de Hopkinsville. Je suis le shérif Adam Henry. Sujet : La fusillade de la ferme Taylor du 21 août dernier. J’ai un témoin avec moi, monsieur Ray Taylor. On y va Ray ?

Si vous voulez…

Très bien Ray, commençons par le début. Vous avez contacté Sally Riggs en début de soirée pour lui signaler un événement qui vous a semblé étrange. Est-ce exact ?

C’est vrai.

Voulez-vous me décrire ce que vous avez vu, avec le plus de détails possibles, je vous prie ?

Vous enregistrez là ?

Ça vous gêne, Ray ?

Non. C’est juste que j’aimerais ne pas en parler de trop, quoi.

Si vous me racontez tous les détails et que j’enregistre, vous n’aurez besoin de le faire qu’une seule fois. Après, c’est promis, je ne vous embête plus avec ça. On y va ? Très bien. Pouvez-vous me décrire ce que vous avez vu en début de soirée et qui vous a poussé à appeler Sally ?

Alors, heu… Vers 19h, on était en train de prendre l’apéritif en famille autour de la table de la cuisine. On trinquait pour les sept ans de Jodie, ma petite dernière. Et puis d’un coup, l’éclairage a vacillé, il y a eut un grand flash de lumière au-dehors et un grondement infernal.

Quel genre de lumière ?

Je sais pas moi. Comme une voiture roulant plein phare vers vous, vous voyez ? Sauf que c’était différent, quoi.

En quelle façon était-ce différent ?

La couleur de la lumière.

De quelle couleur était cette lumière ?

J’sais pas. Un moment elle était bleue, l’instant d’après rouge et puis verte.

Comme un feu d’artifice ?

Voilà oui. C’est ce que j’ai dit à Sally j’crois, non ?

Oui, vous avez dit que vous croyiez qu’il y avait un feu d’artifice sur le terrain des Harvey. Sauf que ça n’était pas le cas.

Non. Quand on a vu la lumière j’ai bondit de mon fauteuil et j’me suis précipité vers la fenêtre pour voir ce que c’était. Le bruit qui l’accompagnait était si fort qu’on aurait dit qu’un gros avion avait survolé la ferme en rasant les toits.

Un avion ? Vous avez déjà vu un avion, Ray ?

Pas de près mais j’en ai déjà vu haut dans le ciel ou à la télé. Mais c’était pas un avion, ‘toute façon.

Pourquoi ça n’était pas un avion, Ray ?

Parce que c’était pas un bruit de moteur d’avion et qu’un avion ça clignote pas comme une guirlande de Noël.

Vous êtes sûr que ça n’était pas un bruit d’avion ?

Certain. On aurait dit le sifflement d’une bouilloire à ébullition mélangé avec une sirène de pompier et des tas d’autres grésillements. Jamais entendu un truc comme ça. Et c’était d’une telle puissance. Enfin bon, ça s’est arrêté au-dessus de la rivière qui traverse le champ de Harvey et ça a disparu dans la foulée.

Comment ça, ça a disparu ?

D’un coup, comme ça. Ça s’est comme évaporé. Un moment c’était là, l’autre d’après y avait plus rien.

Evaporé ? Et vous n’avez rien vu d’autre une fois que la lumière a disparu ? Quoi que ce soit qui soit resté au-dessus de la rivière ?

Rien de rien. Il faisait un noir d’encre de toute façon. C’est pour ça qu’on pouvait pas louper ce truc quand c’est passé au-dessus de nos têtes.

C’est passé au-dessus de vos têtes ? Ça bougeait selon vous ?

Naturellement ! Un feu d’artifice ça bouge dans le ciel.

Sauf que ça n’était pas un feu d’artifice.

Je le sais bien. Mais, sur le coup, quand j’ai appelé Sally, c’est la première idée qui m’est venue à l’esprit. Mais elle m’a suggéré que ça devait être un avion. J’ai pensé qu’elle avait raison.

D’accord… Vous dites que vous étiez en train de prendre l’apéritif.

Ouais.

Est-ce possible que vous ayez déjà suffisamment bu pour avoir imaginé cette lumière bruyante ?

On commençait juste, shérif ! Impossible qu’à nous huit on ait été déjà ivres en deux gorgées ! Et puis y avait les enfants. Ils l’ont vue aussi.

D’accord, excusez-moi, Ray. Je devais juste poser la question. Et ensuite ?

Bin, on s’est mis à table, en essayant d’oublier tout ça. À peu près une heure après, on a entendu une sorte de musique. Un truc avec des grincements, des sifflements. Un truc était assez fort. On a été voir à la fenêtre. J’ai allumé la lumière extérieure et on a remarqué qu’il y avait quelqu’un qui se baladait dans le champ voisin.

Les junkies ?

Quoi ?

Vous avez dit à Sally que des junkies rodaient autour de chez vous.

C’était pas des junkies.

Mais vous avez dit que…

Sur le coup, c’est la seule chose qui m’est venue mais j’arrête pas d’y repenser. C’était pas des junkies. Ni des rôdeurs. J’ai dit ça parce que le mois dernier y a eu une fête de ce genre dans un champ loué par les Bryce.

Oui, je me souviens. C’étaient des jeunes qui venaient camper, pour fêter le 4 juillet à leur façon.

Voilà, ouais. Et dans la nuit, ils sont allés roder dans les rues à la recherche d’un bar encore ouvert pour faire le plein d’alcool. Je pensais que c’était ça mais c’était pas ça. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était pas des rôdeurs ni des junkies.

C’était qui alors ? Une idée ?

J’sais pas qui c’était. Mais je suis presque sûr que c’était pas des hommes.

Comment cela ?

Ils étaient trop petits. Comme des gosses. Genre des nains vous voyez.

Des nains ?

Ouais, les petits mecs qu’on voit des fois à la télé.

Je vois. Alors c’était des nains ?

Possible.

Pourquoi ça ne pouvait pas être des enfants ?

Parce qu’ils étaient trop costauds et qu’ils auraient dû fuir quand on les a menacés de vous appeler. Quand des gosses veulent faire une mauvaise blague, ils déchantent vite.

Donc, des nains se sont mis à arpenter vos terres vers 20h. Dans quel but ?

Au départ j’savais pas. Dès qu’on a vu qu’il y avait quelqu’un et qu’ils s’approchaient de la maison, on a verrouillé toutes les portes et on a commencé à vous attendre. Sally m’a dit qu’elle vous contacterait.

Elle l’a fait, oui. Elle m’a parlé de votre situation. J’étais à Kelly en renfort pour une interpellation. À 15 kilomètres donc. J’ai commencé à rappliquer dès que j’ai reçu son appel à la radio.

J’aurais préféré que vous ayez été plus rapide. Ça nous aurait épargné bien des tracas et on aurait peut-être coincé un de ces mecs. L’heure suivante a été affreuse. Les nains se sont rapprochés lentement de la maison.

Ils étaient nombreux ?

Je sais pas. Une quinzaine, peut-être plus. Ils arrêtaient pas de tourner autour de la maison tout en se rapprochant. De temps en temps, y en avait un qui entrait dans la lumière de la lampe extérieure mais il regagnait l’obscurité fissa. Ils étaient comme habillés de vêtements en cuir brun, vous voyez. Une sorte de combinaison écailleuse qui leur recouvrait tout le corps. Et ils avaient des sortes de masques horribles. On aurait dit des costumes d’Halloween.

Des masques ?

Ouais, des masques. Personne a une tête comme ça. Le crâne rond et chauve, d’immenses oreilles en pointe et des yeux grands comme des soucoupes qui reflétaient les lumière de la maison. Enfin, à ce moment-là, on les avait pas encore bien vu. On voyait une jambe, un bras. Mais à chaque fois, ils retournaient se cacher. On savait qu’ils étaient toujours là par contre.

Comment cela ?

Leurs yeux. Ils brillaient toujours. Le reflet des lumières de la maison, j’viens de vous le dire. On voyait des points lumineux qui dansaient dans l’obscurité entre la maison et la grange. Les gosses avaient une trouille du diable. Et j’étais pas plus fier qu’eux.

Et que s’est-il passé ensuite ?

Ils ont cassé la lampe de dehors en jetant des pierres. La cour s’est retrouvée dans le noir et on a vu les points lumineux qui se rapprochaient de la maison. J’ai attrapé mon fusil et des cartouches. Et c’est à partir de ce moment-là qu’on les bien vus. Ils ont commencé à se pointer devant les vitres pour voir ce qu’il y avait dans la maison. Ils ont essayé d’ouvrir les portes. Ils tapaient sur les carreaux. Ils voulaient entrer quoi !

Pour quelle raison voulaient-ils entrer selon vous ?

Mais j’en sais fichtrement rien, bon dieu ! Ils ont jamais prononcé le moindre mot ! Pourquoi ils sont venus nous embêter, ces fumiers ! Je dors plus depuis cette nuit-là…

Calmez-vous, Ray, ça va aller…

Mais non, ça n’ira pas ! Tant qu’on aura pas coincé ces cinglés, ça n’ira plus jamais ! Imaginez qu’ils remettent ça ! Vous avez tout intérêt à les trouver shér…

Clic !

Clic !

Ça va mieux Ray ?

Ouais. Désolé, de m’être emporté.

Ce n’est rien. Vous êtes encore sous le choc. On peut continuer ?

Il faut bien. Je veux plus y penser donc autant en finir tout de suite.

Bien. Nous en étions donc au moment où les rôdeurs ont commencé à vous assiéger, exact ? Ray, vous êtes toujours avec moi ? Ray ?

Pas des rôdeurs.

Oui, je sais vous me l’avez déjà dit…

Des lutins.

Pas des nains ?

Ma fille arrête pas de dire que c’était des lutins. Qu’ils étaient venus pour nous amener au pays des fées mais qu’elle voulait pas les suivre.

Des lutins donc… J’ai… je vois que vous avez rappelé Sally à 21h23. Est-ce exact ? Bien. Elle m’a expliqué que vous étiez paniqué. Vous lui avez rapidement exposé la situation et il s’est passé quelque chose qu’elle n’a pas saisi. Il y a eut des coups de feu, selon elle, et la communication a été coupée.

C’est ça. Ils essayaient d’entrer. Et ils ont fini par comprendre que les fenêtres étaient le seul moyen. L’un d’eux a cassé un carreau et est passé à l’intérieur. C’était la panique. Tout le monde hurlait et essayait de trouver un endroit où se planquer pour être à l’abri des lutins. J’ai tiré. Il avait levé la main sur mon fils qui était paralysé de terreur.

Vous avez tiré sur le lutin qui s’était introduit chez vous ?

Oui. Mais je l’avais prévenu. Il a pas écouté. Donc j’ai tiré.

Vous l’avez touché ?

Oui. Le plomb a fait un dong ! en le touchant. Le coup l’a fait traverser la fenêtre et l’a renvoyé dehors. Je me suis précipité vers l’ouverture pour voir si je l’avais tué. Je l’ai vu se relever sans peine sans se servir de ses bras griffus.

Sans se servir de ses bras ?

En volant vous savez. Comme s’il était en lévitation ! Il était couché et il s’est relevé lentement en restant droit comme un I, comme dans ses films de monstres, vous savez. Il m’a regardé de ses yeux vides. J’ai épaulé mon fusil, près à le plomber à nouveau quand ma fille s’est mise à hurler. Je me suis retourné. J’étais horrifié. Il y en avait un autre dans la maison. Il me regardait fixement depuis la porte de la cuisine, immobile. J’ai pas hésité. J’ai tiré. Et…

Ça va aller Ray ? Vous voulez qu’on fasse une pause ?

Je veux bien, si ça vous dérange pas.

Pas du tout.

Clic !

Clic !

Bon, reprenons, Ray. On était arrêté au moment où vous avez tiré sur l’un des… lutins… qui était entré par la cuisine, c’est ça ?

Oui… J’ai tiré sur lui donc. Et il a esquivé mon tir. Assez rapidement, il s’est mis à planer dans le salon et à nous tourner autour en émettant de petits couinements. J’ai tiré quand il était à portée. Il a esquivé et a renversé le meuble du téléphone. L’appareil s’est brisé sur le sol. J’ai continué à le fusiller tandis que le reste de la famille lui jetait des trucs à la figure. À aucun moment l’expression de son horrible visage n’a changé. Je me suis vite retrouvé à court de munitions. J’ai attrapé l’arme par le canon et j’ai fini par lui flanquer un méchant coup de crosse. J’avais frappé de toutes mes forces. Il y a encore eu ce dong ! métallique et il s’est retrouvé balancé à travers une fenêtre. J’en ai profité pour recharger…

Continuez.

Quand j’ai fait le plein de munitions, j’ai été voir à la fenêtre et j’ai vu qu’ils étaient toujours là. Mais ils s’éloignaient lentement en couinant. Ni une, ni deux, j’ai ouvert la porte et je me suis précipité dehors avec mon fusil. Et je leur ai tiré dessus pour les chasser de mon terrain jusqu’à ce qu’ils soient trop loin pour que je puisse les voir.

Et ensuite ?

Vous êtes arrivé et vous m’avez trouvé avec mon fusil au milieu de la cour.

En effet. Hé bien, tout cela est très intéressant.

Vous devez me prendre pour un dingue.

Bien sûr que non, Ray. Nous savons tous les deux que vous n’êtes pas dingue. De plus, j’ai ici…

Qu’est-ce que c’est que ce papier ?

Le rapport de la balistique. Vous dites avoir ouvert le feu pour la première fois vers 21h23, au moment de votre dernier appel pour Sally, exact ?

Oui, à peu près.

Et je suis arrivé à 21h33 environ. Autrement dit, en l’espace de dix minutes, d’après ce rapport, vous avez ouvert le feu soixante-quatorze fois sur votre propriété.

Possible, j’ai pas compté. Fallait bien que je défende ma famille !

Calmez-vous, Ray, je ne vous reproche rien. Vous avez fait ce qu’il fallait. Cependant, nous n’avons retrouvé aucune trace de sang ou d’indices indiquant que vous avez pu toucher l’un de ces lutins.

C’est leur blindage. Cet espèce de costume de cuir qui leur collait à la peau. C’était comme une armure en fait, vous voyez ?

Je suppose que c’est la raison pour laquelle on n’a pas retrouvé de traces… Très bien, je pense qu’on a fini. Rien d’autre à ajouter ?

Non, je vous ai dit tout ce que je savais.

Je vous remercie de votre coopération Ray. Passez le bonjour à votre femme et aux enfants et tâchez d’oublier ça, d’accord ?

Je vais essayer. Merci shérif. Bonne jour…

Clic !

 

Plus tard, dans la journée

Shhhhh… Clic !

Henry, c’est Sally.

J’te reçois, Sally, qu’est-ce qu’il y a ?

C’est à propos de l’affaire Taylor. Vous avez appelé le FBI ou une organisation gouvernementale pour leur en parler ?

Non, pourquoi ?

Parce que, il y a cinq minutes, un groupe de six types en costume noir s’est pointé. Ils portaient des lunettes noires et roulaient en Lincoln noire. Ils m’ont dit qu’ils appartenaient au gouvernement et qu’ils avaient un mandat.

Un mandat pour quoi, Sally ?

Pour les autoriser à fouiller votre bureau et à prendre ce qu’ils voulaient.

Quoi ? Ils ont précisé à quelle organisation ils appartenaient ?

Non. Ils m’ont juste montré des plaques.

Et qu’est-ce qu’ils ont fait ?

Hé bien, j’ai rien pu faire. Ils avaient un mandat, quoi. Alors, ils ont fouillé votre bureau, épluché tous vos dossiers et ils sont repartis avec tous les documents en rapport avec la fusillade de la ferme Taylor…

Le 22 Avril 2007

Photos : Hamish Weir  /  Thomas Kelley  / Maquettage : David Dufrey

Inspiration : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rencontre_de_Kelly-Hopkinsville

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J’écris des histoires, conçois des jeux depuis près de 20 ans et je réalise des courts-métrages. J’ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l’imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques

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