Suniverse
11Juil/100

Splice

Affiche Splice

Splice de Vincenzo Natali

Il existe un bon nombre de films de monstre dans lesquels une créature extraterrestre ou génétiquement modifiée sème la terreur parmi la population, qu'elle soit, par exemple, réduite à l'équipage d'un vaisseau spatial (Alien) ou qu'elle corresponde aux habitants d'une gigantesque cité (Godzilla). Dans tous les cas, le film repose sur un point de départ simple : il faut tuer le monstre et, accessoirement, y survivre. Splice est un film de monstre mais il n'a rien à voir avec tout ce qui s'est déjà fait sur le sujet. A l'instar de Cube, premier long-métrage de Vincenzo Natali, Splice est un OVNI cinématographique, le genre de film que l'on aime ou qu'on déteste.

Contrairement à ce que laisse supposer la bande-annonce, Splice n'a rien d'un film d'action, d'un survival où de pauvres humains sont les victimes d'une créature qui dépasse l'entendement. On y suit le parcours dans l'inconnu de deux scientifiques qui travaillent à la création de nouvelles espèces animales hybrides et qui vont prendre le risque de mêler de l'ADN humain à l'une de leur créature. Le film se concentre donc sur l'évolution de cette nouvelle espèce, baptisée Dren, qui grandit à une vitesse stupéfiante et fait preuve de capacités surprenantes et sur l'évolution morale, scientifique et intime des deux protagonistes. Au-delà du questionnement éthique sur les manipulations génétiques à base d'ADN humain, le film dénonce aussi la recherche du profit des laboratoires qui, plutôt que de prendre du temps à étudier des découvertes capitales, se voient contraint de pousser leurs chercheurs à fournir des résultats rapides et rentables les obligeant pour le coup à prendre des risques.

Les deux chercheurs sont interprétés par les impeccables Sarah Polley et Adrien Brody. Dren, la créature est interprétée avec talent par la française Delphine Chanéac quasiment méconnaissable et qui livre une interprétation aussi réussie que dérangeante. La mise en scène de Natali, bien que classique, propose de bonnes idées et est d'une lisibilité exemplaire. Difficile de parler davantage de ce film sans trop en révéler sur l'histoire. Si Splice est véritablement excellent, prenant et original, il ne s'y passe au final pas grand chose même si l'intrigue suit un rythme qui ne lasse jamais le spectateur. C'est aussi un film d'auteur inspiré et dérangeant qui ne ressemble à rien qui aie déjà été fait jusque là et encore moins à sa bande-annonce tape-à-l'œil. Bref, c'est une expérience.

7Juil/101

L’Agence Tous Risques

Affiche A-Team

L'Agence Tous Risques de Joe Carnahan

Quand on voit le résultat des nombreuses adaptations cinématographiques de séries on pouvait s'attendre au pire avec ce film. En général ce qui rend mauvaises ces adaptations c'est quand celle-ci se repose trop sur son support d'origine, y fait trop souvent référence à coup de clin d'œils lourdement appuyés au spectateur qui a découvert l'histoire sur le petit écran (Starsky & Hutch, Ma Sorcière Bien Aimée). Il y aussi celles qui s'en éloignent tellement qu'on n'y retrouve plus rien de connu ou presque (Mission Impossible ou Les Incorruptibles pour le meilleur et Chapeau Melon et Bottes de Cuir pour le pire). Il existe aussi une troisième catégorie à part puisqu'il s'agit d'une transposition directe de la série à l'écran et que le film qui en résulte s'inscrit dans la chronologie de l'ensemble (Star Trek ou X-Files). L'Agence Tous Risques appartient, apparemment, à la deuxième catégorie. Je n'ai pour ainsi dire aucun souvenir de la série. Quand j'étais gamin j'étais plus K2000 et MacGyver. J'étais donc curieux de voir ce que ça pouvait donner sur grand écran surtout que les bandes-annonces promettaient pas mal.

Prenez quatre personnages plus fous et courageux les uns que les autres et balancez le gouvernement à leur trousse pendant près de deux heures et vous aurez un bon aperçu de l'Agence. Si le scénario est des plus simples, les multiples retournement de situations, les évasions spectaculaires et les mise en place de plans tordus lui font prendre pas mal de détours. Dans l'ensemble c'est bien filmé, malgré une caméra qui s'agite dans tous les sens dans les plans d'actions rapprochés, et le réalisateur a de bonnes idées appuyées par un montage préparation/action bien foutu. L'introduction d'Hannibal joué par le toujours impeccable Liam Neeson est géniale. Jouant sur les effets d'ombre et le visage caché de l'acteur, c'est la meilleure introduction des quatre personnages suivie par celle de Barracuda filmée de dos et montrant l'étendue des "talents" du personnage. Le reste du casting est tout aussi convaincant, Sharlto Copley parvenant même à incarner un Looping plus dingue que son personnage déjà sacrément allumé de District 9.

Casting A-Team

La fine équipe de psychopathes en plein préparatifs

L'Agence parvient à se créer une identité qui lui est propre en s'émancipant visiblement de la série TV. Les scènes d'actions s'enchainent et proposent des idées originales et des situations comme je n'en ai jamais vu ailleurs à l'instar du final dantesque sur un tanker qui montre toute la démesure de ce film d'action. Le film déborde aussi d'humour que ce soit par l'intermédiaire de situations invraisemblables et rocambolesques ou dans les très nombreux dialogues au cours desquels les personnages s'envoient des vannes. Ça discute aussi beaucoup concernant les préparatifs des diverses opérations tout en préservant la surprise lors de l'application du plan en question.

L'Agence Tous Risque ne prétend pas être le meilleur film d'action de l'année. Il n'en est pas moins un excellent divertissement rythmé, drôle, original et bien interprété. Un bon film de potes à voir avec des potes et qui se suffit à lui-même sans avoir besoin de connaitre la série d'origine.

Remplis sous: Cinéma, Critique 1 commentaire
5Juil/100

Shrek 4 – Il Etait une Fin

Affiche Shrek 4

Shrek 4 - Il Etait une Fin de Mike Mitchell

Je n'ai jamais été particulièrement fan de Shrek. Malgré un univers sympathique, une technique bien foutue j'ai toujours eu du mal avec l'humour gras de la trilogie à base de pets et de rots, défauts récurrents des productions du studio d'animation. A croire que c'est la seule chose qui fasse rire les gosses et ceux qui les accompagnent. Pourtant les films de Pixar sont tout aussi drôle, si ce n'est plus, sans jamais tomber aussi bas. Mieux, le studio à la lampe de bureau parvient à insuffler de l'émotion et des messages dans ses films à tel point qu'ils intéressent un public bien plus large. Bref, retournons chez Dreamworks. Le premier Shrek était sympathique, le second passait mais on pouvait largement faire l'impasse sur un troisième volet bien dispensable. Shrek 4 ne fait d'ailleurs que confirmer cette idée concernant la précédente aventure de l'ogre vert ; mis à part les bébés, rien de ce qu'il s'est passé dans le 3 n'a d'incidence sur sa suite. Si j'ai finalement été voir Shrek 4 ça n'est donc pas par passion ou en tant que fan de la série mais surtout parce que je voulais rentabiliser ma fête du cinéma et que le film pouvait malgré tout se montrer un bon petit divertissement.

Tout d'abord c'est techniquement très réussi, pas de doute là-dessus. Si le premier accusait un petit retard technologique, il a bien été rattrapé au fil des années et la qualité de la modélisation, de l'animation, des textures et de l'éclairage atteint ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle en la matière ; Voir la lumière en transparence à travers la peau, les oreilles des ogres qui s'animent en suivant les mouvements des personnage grâce au moteur physique ou apercevoir les imperfection de tissus des différents vêtements est un vrai régal qui favorise l'immersion. Côté 3d stéréoscopique, c'est là-aussi la perfection. En même temps pour un film d'animation c'est plus facile à réaliser qu'un film live puisqu'il suffit de faire directement un rendu stéréoscopique du film. Bref, techniquement, je n'ai pas été aussi emballé par la technologie depuis Avatar et le supplément tarifaire est enfin justifié. On sent aussi que la mise en scène est faite pour l'immersion pour peu que l'on porte, évidement, les lunettes adéquates. Heureusement, on n'en prend pas plein la figure et c'est plutôt un effet de profondeur de l'image qui domine à l'instar de ce qui s'est fait sur le film de Cameron. Notez toutefois que c'est le premier film d'animation que je vais voir depuis la démocratisation de la 3d dans les salles et que d'autres ont déjà sûrement atteint le même niveau (Vivement Toy Story 3, tiens !).

Venons-en au film en lui-même. Je ne cache pas que j'ai été agréablement surpris. Fini l'humour gras, l'âne exaspérant et le chat aux yeux globuleux. Bien qu'on ait droit à un peu tout ça à un moment ou à un autre du film, ce Shrek 4 a bien une toute autre saveur que ses grands frères. Place à l'émotion avec une histoire magnifiquement écrite qui se repose sur les bases posées surtout par le premier volet et qui part d'un concept simple mais souvent scénaristiquement bancal : Et si Shrek n'avait jamais existé, que seraient devenus son monde et ses amis ? Les péripéties s'enchainent à un rythme soutenu, sans doute parce que l'histoire se déroule sur 24 heures et les événements se bousculent avec originalité. Quoi qu'il en soit c'est bien plus speed et dense qu'auparavant, on retrouve en grande partie les personnages habituels qui entachent pas mal leur image avec beaucoup d'humour. Les blagues et passages drôles du film reposent en grande partie sur les répliques et les chutes de situations bien amenées par un montage elliptique parfait ou tout est suggéré plutôt que montré. Le premier quart d'heure est un excellent exemple de ce type d'humour avec un gros clin d'œil à Un Jour Sans Fin.

Photo Shrek 4

Fiona et Shrek en route pour de nouvelles... premières aventures.

Et, justement, ce qui fait sans doute l'une des forces de ce Shrek-là c'est sa quasi-absence de clin d'œil à d'autres œuvres existantes, la partie comédie musicale incluse. Pour la première fois, l'histoire s'émancipe de ses multiples références et se repose uniquement sur sa propre mythologie mise en place précédemment. Du coup, une certaine nostalgie plane sur ce Shrek 4. Tout comme le héros, on se rappelle sa vie avant sa rencontre avec Fiona et ses amis, avant qu'il ne devienne papa et aie toutes ses responsabilités, avant que ne se mette en place la routine qu'il a voulu quitter. Un bon gros coup de blues synonyme de crise de la quarantaine pour l'ogre.

Les vingt dernières minutes sont sans doute les meilleures de l'ensemble de la saga. Héroïsme, courage, sacrifice, l'histoire d'amour avec Fiona prend enfin tout son sens alors que Shrek comprend pourquoi il l'aime, pourquoi elle le rend si heureux et pourquoi il serait prêt à mourir pour sa famille, le tout souligné par la toujours exceptionnelle partition d'Harry Gregson-Williams qui, dans ces moments-là, part dans des envolées épique emplies d'émotions. Bien sûr tout ça reste ciblé pour un public d'enfants donc pas d'effusions de sang ou autres artifices mais le message est là et il change un peu du message, d'intégration et de respect de l'autre malgré ses différences, seriné depuis trois épisodes et qui pourrait se résumer par cette phrase : L'amour change une vie et peut même lui donner, enfin, un sens.

P.S : Si on m'avait dit un jour que je publierais une critique d'un Shrek sur Internet...

3Juil/100

Pirates

Couverture Pirates

Pirates de Michael Crichton

Michael Crichton fait partie de ces auteurs qui ont influencé ma passion pour l'écriture et mon style autant que ses livres m'ont accompagné au cours de ma vie. Ma première "œuvre" écrite était une version personnalisée de son Jurassic Park. Un mélange du film et du livre remixé à ma sauce. J'avais 10 ans quand j'ai commencé à le griffonner dans un vieil agenda et j'ai dû continuer à écrire dessus jusqu'à 15-16 ans avant de mettre un peu la lecture et l'écriture de côté pour la reprendre plus tard grâce à un petit sorcier à lunette qui m'a redonné goût à tout ça.

En novembre 2008, j'ai appris la disparition de Crichton au journal télévisé devant mon petit dej'. Le choc ! Moi qui attendait impatiemment chacun de ses livres, voilà qu'il nous quittait brusquement me laissant artistiquement orphelin.

Pirates est théoriquement son avant-dernier livre posthume. Comme son titre l'indique l'action se déroule dans les Caraïbes à l'époque où pirates et corsaires écumaient les mères à bord de leurs bateaux de bois en quête d'or. Le point de départ de l'histoire est simple: Un corsaire anglais chargé de voler un galion espagnol. Mais, bien évidement, rien ne va se passer comme prévu et l'on va avoir droit à un gigantesque récit d'aventure rythmé et plein de rebondissements.

Le style de Crichton est toujours aussi facile d'accès même quand il traite de sujets complexes. Que ce soit la navigation, le contexte politique de l'époque ou d'autres éléments historiques, tout est bien expliqué et parfaitement clair sans casser le rythme de l'histoire. Rythme, par ailleurs, extrêmement rapide. Phrases courtes, chapitres courts et ellipses pour aller directement à l'essentiel. Tout s'enchaine à cent à l'heure et de nombreuses touches d'humour parsèment l'aventure.

Pirates est sans doute l'aventure de pirates ultime. Tout y est : l'équipage bigarré, le capitaine loyal et courageux, les batailles navales, les abordages, les cannibales, les monstres des mers et d'autres éléments déjà vu ici ou là. On peut certes reprocher la chance ou le malheur excessif des héros. Pour autant, tout a parfaitement sa place et chaque élément est justifié par le récit. Pirates se lit comme un film sans temps morts. Il n'y manque que la musique et le montage nerveux.

Ce nouveau Crichton n'est pas son meilleur bouquin mais c'est sans doute le plus efficace de par son rythme déchainé, son petit nombre de pages, son humour et son univers historique fidèlement retranscrit. L'auteur a dû sincèrement s'éclater à l'écrire, entre deux bouquins plus sérieux, et ça se ressent à la lecture.

27Juin/102

Le Trône de Fer – L’Intégrale 1

Couverture Trône de Fer 1

Le Trône de Fer de George R.R. Martin

Profitant de la réédition en poche chez J'ai Lu de la saga de George R.R. Martin, je me suis plongé dans la lecture du premier tome du Trône de Fer. L'histoire se déroule dans un royaume moyenâgeux fictif, Westeros, et est centrée sur une dizaine de personnages plus ou moins liés les uns aux autres qui s'affrontent pour obtenir la couronne. Complots, trahisons, héroïsme et sacrifices s'enchainent tout au long de l'histoire alors que chaque choix et actes aussi infimes soient-ils peuvent avoir une incidence terrible.

Chaque chapitre permet de suivre le parcours de l'un des personnages principaux. Ceux-ci se croisent ou agissent de leur côté mais tous sont au centre d'une même intrigue, acteurs parfois involontaires d’événements qui vont bouleverser leurs destinées et celle du royaume.

Que ce soit les gentils ou les méchants, tous les personnages sont intéressants, bien écrits et réalistes ; on s'attache à eux qu'on les déteste ou qu'on les apprécie. Mais tout n'est pas noir ou blanc, loin de là. Tous ont des motivations et des personnalités qui leur sont propres et si certains font des choix par intérêt d'autres ont des valeurs qu'ils tachent de respecter ce qui les conduits à agir et, par conséquent, à faire évoluer l'histoire même si on ne s'en rend parfois compte que quelques chapitre plus tard.

Sean Bean/Ned Stark série TV

Première photo de Sean Bean dans le rôle de Ned Stark

L'intrigue en elle-même suit un rythme plutôt lent et calme mais l'histoire avance irrémédiablement. Le plus petit événement, la phrase la plus anodine peuvent faire basculer le roman vers un nouveau stade de l'histoire. Le royaume évolue, des personnages meurent bouleversant ceux qui restent et les obligeant à passer à l'action pour préserver leurs vies et celles de leurs famille et de leurs peuples.

Le Trône de Fer est une excellente représentation du moyen-âge très réaliste et immersive. La première partie de ce volume permet de poser les bases de l'univers et de son fonctionnement et de présenter les protagonistes. La deuxième partie se concentre sur la guerre naissante qui s'annonce terrible. A ce sujet, le dernier quart du livre est absolument formidable, l'épique y côtoyant le courage. Les différentes factions avancent de part et d'autres du royaume, les intrigues se font et se défont, les stratégies se mettent en place et les batailles, bien que peu nombreuses et plutôt courtes, au final,  sont d'un réalisme stupéfiant. On en sort aussi éreinté que les combattants qui n'ont rien des super-héros bataillant à l'épée et éliminant une armée à eux tout seul comme on le voit trop souvent en fantasy. Ce sont de simples humains qui ont peur, prient les dieux et récoltent des blessures.

Le Trône de Fer est une œuvre passionnante, réaliste, débordant (sans excès) d’héroïsme, de courage, d'amour, de haine et de sang. Le final annonce un deuxième tome dantesque et plus axé fantasy que celui-ci et il me tarde de m'y plonger, non sans avoir fait un petit break sur autre chose parce que, mine de rien, j'ai passé plus d'un mois dessus ! Sachez aussi que la chaine HBO travaille à la production d'une série TV issue de la saga. A raison d'une saison par tome, la série devrait débuter à partir de la rentrée prochaine aux US et, pour l'instant, ça s'annonce grandiose et fidèle à la version papier, HBO ayant produit parmi les meilleures séries de ces dernières années. Winter is coming...

P.S : Pour ceux que ça intéresse, l'édition de cette intégrale chez J'ai Lu est une réussite : La couverture, superbement illustrée, est glacée avec des rabats, les pages sont de très bonne qualité et aussi épaisses que dans les autres bouquins de l'éditeur (ce qui est le défaut par exemple des gros bouquins chez Le Livre de Poche ou Pocket avec des pages frisant le papier toilette), la mise en page est parfaite, aucune faute de frappe ou de mise en page à signaler. On a aussi droit à deux cartes du royaume en fin de volume. Pour 15 euros, à mi-chemin entre le poche et le grand format, vous en avez pour 786 pages de lecture et les deux tomes suivants semblent être d'aussi bonne facture.

25Juin/100

Infectés

Affiche Infectés

Infectés d'Alex et David Pastor

Les plus grosse surprises cinématographiques viennent souvent des plus petits films, ceux qui sortent de nulle part et qui bénéficient d'une promotion inexistante. Tourné en 2007, écrit et réalisé par des inconnus avec peu de moyen et un casting issu principalement de la télévision, Infectés était destiné directement au marché du DVD. Pourtant, la mise en scène est classique mais inspirée et surtout parfaitement lisible ce qui n'est pas toujours le cas ces derniers temps. Les acteurs, loin d'être des génies, s'en sortent très bien malgré la large palette d'émotions par laquelle ils passent tout au long du film. On est quand même un cran au-dessus des habituelles productions direct-to-dvd.

Après La Route et Le Livre d'Eli ces derniers mois, la mode est au post-apocalyptique et ça n'est pas pour me déplaire tant ces films proposent une vision différente et réaliste de la fin du monde. Fini les catastrophe cataclysmique à grand renfort d'explosions et de déchainement des éléments, place au drame humain. Depuis La Guerre des Mondes de Spielberg, véritable transition du genre, on place des personnages qui n'ont rien de héros face à des situations extrêmes où ils doivent courir pour échapper à la mort et se battre, parfois entre eux, pour survivre. Le schéma scénaristique est aussi très proche de ce qui se fait dans les bons films de zombies. Que ce soit pour l'ambiance de fin du monde, les relations entre les personnages et les situations auxquelles ils sont confrontée, Infectés est un film de zombies sans les morts-vivants et le sang qui (dé)coule des rencontres avec ces monstres. Une version édulcorée qui pourrait permettre d'initier au genre les réfractaires pour peu qu'ils donnent leur chance au film. Car, comme dans tout survival, le film est très pessimiste et son ambiance sombre et désespérée pourrait ne pas plaire à tous.

Infectés suit un groupe de survivants rescapés d'une épidémie virale qui a éradiqué la majorité de l'espèce humaine. Durant leur voyage et au fil des rencontres ils vont être confrontés à des choix terribles qui remettront en question leur précaire survie et leur propre humanité.

Photo casting Infectés

Infectés est une véritable publicité pour la prévention contre la grippe H1N1, les guns en plus

Bidons à la main à la recherche d’essence, masques sur le visage et gants aux mains, ils prennent toutes les précautions pour éviter la contamination à grand renfort d'eau de javel. La tension est palpable et les personnages sans cesse au bord de la rupture tant leurs choix sont difficiles à accepter et à supporter. Qu'ils soient obligés d'abandonner au bord de la route les infectés avec qui ils ont partagé une partie de leur vie ou de tuer d'autres survivants pour quelques litres d’essence, c'est la loi du chacun pour soi, l'instinct de survie qui prime dans cette humanité vouée à disparaître.

On se demande d'ailleurs pourquoi ils continuent à se battre dans ce monde sans avenir alors que ceux qu'ils aiment et ce qui leur reste de leur vie disparait derrière eux. Mais les vraies questions qui se posent alors que le film s'achève seraient plutôt : Que ferions-nous à leur place ? Aurions-nous la force de laisser tomber, de mourir ? Serions-nous prêt à sacrifier notre humanité pour en préserver les restes ?

21Juin/101

Prince of Persia – Les Sables du Temps

Affiche Prince Of Persia

Prince of Persia - Les Sables du Temps de Mike Newell

Prince of Persia est loin d'être le jeu le plus connu et le plus original du monde vidéoludique. C'est aussi loin d'être le plus facile à adapter au premier abord mais ça n'est pas ça qui empêche les studios d'adapter n'importe quoi du moment que ça porte sur une licence connue des gamers (Doom, Street Fighter ou bientôt Roller Coaster Tycoon !).

Même si j'ai les trois volets de Prince of Persia dont s'inspire le film, je n'y ai pas encore joué et j'ai eu bien du mal à vaincre les premiers ennemis et pièges du premier épisode de la série quand j'avais dix ans (c'était en 2d et ça tournait sous DOS). J'ai donc vu le film sans a priori majeur.

Avec Mike Newell derrière la caméra ça s'annonçait un peu mieux que si ça avait été Paul WS Anderson ou le légendaire Uwe Boll les spécialistes du vautrage de transposition de jeux au cinéma (Resident Evil pour le premier et Alone in the Dark pour le second qui enchaine les transpositions de jeu en film avec un résultat invariablement médiocre). Mike Newell lui nous avait gratifié du quatrième volet d'Harry Potter qui, même s'il est toujours considéré comme le pire de la saga, reste un bon divertissement.

Côté scénario, Prince of Persia ne va pas chercher bien loin. Le film étant clairement orienté pour un public jeune, ça n'est pas très poussé ni très fouillé. Les événements tout comme les interactions entre les personnages sont prévisibles, tout s'enchaine avec une certaine logique et les idées présentées, bien que déjà vues, sont plutôt bien exploitées.

Jake Gyllenhall campe un prince de perse rebelle et courageux, sorte de Han Solo oriental. Sa relation avec la princesse Tamina suit d'ailleurs le même schéma que celle du célèbre contrebandier avec Leia, un mélange de taquineries et de sales coups. Loin de montrer toute l'étendue de son talent, le rôle du prince Dastan lui va bien finalement même s'il n'est par forcément fait pour camper de tels personnages. J'imagine qu'il leur fallait un acteur bankable pour le rôle principal alors qu'un quasi-inconnu aurait sans doute mieux convenu. Gemma Arterton apporte sa beauté et sa fraicheur au personnage de la princesse Tamina. Alfred Molina, méconnaissable, s'éclate comme un fou en chef des voleurs. En fait, mis à part ce dernier et le duo principal qui n'est déjà pas extraordinaire, le reste du casting se contente du strict minimum. Même l'excellent Ben Kingsley semble s'ennuyer, comme dans beaucoup de ses derniers films. Aucune performance d'acteur pour ce long-métrage mais ça n'était pas le but.

Casting Prince of Persia

Jake Gyllenhall, Alfred Molina & Gemma Arterton - Han Solo, Chewbacca & la Princesse Leia

Les décors, les costumes et les effets visuels sont quant à eux très réussis et parviennent à créer une ambiance et un univers crédible. Les immenses cités orientales qui parsèment le film sont magnifiques, remplies de détails et de vie. Un petit bémol pour les personnages des assassins qui se déplacent dans des tornades de sable ; ridicule, sans imagination et pas effrayant du tout au contraire de l'effet de la Dague du Temps très réussi mais malheureusement pas assez utilisé. La musique, signée Harry Gregson-Williams, est comme toujours impeccable pour qui aime les musiques de film rythmées. Loin d'être sa meilleure partition, on y retrouve sa patte classico-électro mêlée à des tons et des percussions orientales. Pas de thème vraiment marquant mais le tout illustre le film comme il se doit.

Le gros défaut du film vient selon moi de la mise en scène de Mike Newell et ce sont les scènes d'actions qui en pâtissent le plus. Les combats et les poursuites manquent de lisibilité. Alors que des travellings ou des mouvements de grue en plan plus ou moins large auraient fluidifié et rythmé ces scènes, les plans fixes et serrés se succèdent à toute allure à tel point qu'on a du mal à comprendre ce qui se passe vraiment ni quelle est la configuration des lieux. Le comble pour un long-métrage où le héros saute partout dans des décors complexes et détaillés. Le film dans son ensemble manque d'ailleurs cruellement de rythme malgré l'enchainement effréné des événements.

Screen PoP DOS

Les premières images du tournage faisaient un peu vieillot mais ça rendait hommage au jeu d'origine.

Annoncé comme le nouveau Pirates des Caraïbes, il manque à Prince of Persia la touche de folie et de fantastique qui rendait les aventures de Jack Sparrow si prenantes. Le film ne restera pas dans les annales, la faute à un manque de rythme dû à la mise en scène plate et peu inspirée de Mike Newell ajoutée à un scénario classique. Seul véritable atout qui sauve le film de l'oubli total, la magnifique et pétillante Gemma Arterton qu'il me tarde de revoir à l'écran. Prince of Persia reste toutefois un bon film d'aventure sans prétention, une bonne adaptation de jeu vidéo qui ne surpasse pas la référence du genre qu'est Silent Hill où la mise en scène, entre autres choses, était irréprochable.

Remplis sous: Cinéma, Critique 1 commentaire
20Juin/104

Robin des Bois (2010)

Affiche Robin Hood 2010

Robin des Bois de Ridley Scott

Au départ ça s'appelle Nottingham. Ridley Scott est aux commandes et Russel Crowe choisi pour incarner... le shérif de Nottingham soit l’ennemi juré de Robin. Mais ça n'est pas tout. Quelques semaines après la mise en chantier de cet alléchant et mystérieux projet, on ajoute que Crowe jouera aussi le rôle de Robin des Bois ! Décidément, le film s'annonce original et à des lieux des autres productions autour du prince des voleurs.

Malheureusement, au fil des nombreux remaniements du scénario, on finit par se retrouver avec une intrigue bien plus proche de ce que l'on connait de Robin des bois. Dès lors une question se pose : est-il vraiment nécessaire de faire un nouveau film sur le sujet après tout ce qui a déjà été vu ? La version de Kevin Reynolds avec Kevin Costner datant de 1991 reste à ce jour une référence et il serait bien difficile de faire mieux.

Finalement, ce nouveau Robin des bois revient sur les origines de l'archer, une sorte de "Robin des bois Begins". La magnifique Cate Blanchett s'ajoute au casting dans le rôle de Marianne aux côté des grands William Hurt et Max von Sydow. Les bande-annonces promettent du grand spectacle épique à coup de batailles rangées, de romance, de sueur et de sang.

Vu l'équipe derrière et devant la caméra, je m'attendais à ce que ce Robin des bois soit un Gladiator au moyen-âge, ce qui n'est absolument pas péjoratif et pas tout à fait faux non plus. Les références au péplum multi-oscarisé sont légions mais Robin des bois parvient malgré tout à se forger sa propre identité sans toutefois pouvoir prétendre ne serais-ce qu'à égaler le chef-d’œuvre antique.

Le scénario suit scrupuleusement la réalité historique et notre héros à l'arc trace sa route parmi des personnages qui ont vraiment existé. L'ambiance est particulièrement sombre. Les riches ne le sont pas tant que ça, les châteaux magnifiques de l'extérieur montrent des intérieurs recouverts de poussière, leurs tapisseries élimées. Décors et costumes sont magnifiques et surtout crédibles.

Photo Robin & Mariane

Russell Crowe et Cate Blanchett - un duo qui marche et pas qu'à cheval

Les acteurs, sans être extraordinaire sont égaux à eux-même. Un peu déçu peut-être que Crowe ne livre pas une performance aussi impressionnante que pour le personnage de Maximus qui lui a valu un Oscar en 2000. En même temps, Robin Longstride n'est pas un général d'armée mais un simple archer qui se fait passer pour un noble afin de rentrer au pays. Malgré tout l'alchimie entre Cate Blanchett et Russell Crowe fonctionne et leur couple est crédible même si leur relation aurait méritée d'être plus fouillée.

C'est d'ailleurs un constat qui ressort à l'issue du film. Après plus de 2h de projection j'ai eu comme un sentiment d'inachevé, comme s'il manquait quelque chose. Clairement, je n'ai pas vraiment eu l'impression d'avoir vu un Robin des bois. D'un autre côté le pari est réussi puisque le film n'est du coup pas comparable avec ses prédécesseurs. En fait, je pense que ce qui m'a gêné c'est que Robin ne fait qu'évoluer parmi les figures historiques, il est témoin de l'Histoire avec un grand H, y participe à sa manière et c'est tout. Le plus frustrant est sans doute la fin, au moment où Robin et ses amis devenus les hors-la-loi que l'on connait se réfugient dans la forêt... avant que n'apparaisse la phrase "Et ainsi commence la légende..." suivie du générique de fin ! Ça commençait et ça s'arrête là ? Peut-être y aura-t-il une suite justement qui ressemblera plus à ce qu'on attendait d'un film sur Robin des bois ? En tout les cas, je pense qu' il y a matière à faire quelque chose maintenant que de telles bases sont établies.

Le dernier Ridley Scott n'est pas un chef d’œuvre, loin de là mais il reste un très bon film, fidèle retranscription historique du moyen-âge. Malgré un manque de rythme flagrant je n'ai pas vu passer les 2h20 que dure le film. Pas la meilleure réalisation de Scott mais pas la pire non plus.

20Juin/102

Ouverture du Suniverse

Bonjour à tous. J'ai toujours aimé écrire or cela fait quelques années maintenant que le manque de temps et de motivation m'empêchent de reprendre la plume. La création de ce blog vient justement d'une envie de reprendre l'écriture progressivement en m'obligeant à entretenir ce site pour y publier de nouveaux articles. Vous trouverez donc ici des critiques de films ou des articles sur le cinéma en général, des analyses de jeux vidéos particulièrement sur le gameplay et les idées de game design de mon point de vue de joueur et game designer amateur, sur mes lectures avec là-aussi des critiques et des analyses personnelles des méthodes de narration ou de la structure d'une histoire et sans doute d'autres types d'infos sur divers sujets qui m'intéressent.

À terme ce blog devrait servir de vitrine pour mes divers projets créatifs. Cela concerne entre autre mes écrits que ce soit des romans, des nouvelles et pourquoi pas des scripts de films, mes projets de jeu vidéo avec des réflexions sur le game design de ceux-ci et l'évolution de leur développement. Je tâcherais de faire vivre autant que possible ce site. Celui-ci étant ma première expérience dans le domaine de la création web, n'hésitez pas à réagir sur son contenu que ce soit sur le fond ou sur la forme pour me permettre de m'améliorer et de corriger certaines erreurs.

Bonne lecture à tous !

Sunwalker

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