Suniverse
20Août/150

Monster Hunter – Parcours d’un Hunter

mh_intro

Un monstre peut en cacher un autre

C'est, l'année dernière, en lisant un article sur les jeux vidéos à la difficulté élevée, que j'ai entendu parler pour la première fois de Monster Hunter. À l'époque je venais de me lancer dans le sombre, merveilleux et non moins exigeant Dark Souls et je voulais savoir si d'autres jeux aussi hardcore existaient.

C'est donc intrigué que j'ai décidé de m'essayer au premier volet de la licence dans sa version portable, à savoir Monster Hunter Freedom. Et, comme prévu, j'ai galéré! Prise en main lourde, perso lent, monstres sur-puissants, j'allais d'échec en échec, je rageais et je flippais à chaque première apparition d'une créature que je ne connaissais pas encore. Pourtant, après une quinzaine(!) d'heures de jeu, que je n'ai pas vu passer, j'ai commencé à assimiler le concept pour ne plus jamais lâcher la licence!

Un action-RPG différent

Pour présenter brièvement le fonctionnement de la série, Monster Hunter (MH) vous met dans la peau d'un Hunter (un chasseur) dont l'objectif est de remplir diverses quêtes au cours desquelles vous allez devoir affronter différents monstres de plus en plus puissants et dangereux au fil de votre progression dans le jeu. Les bestioles sont généralement à mi-chemin entre le dinosaure, le dragon et la chimère, mais on trouve aussi des insectes ou des mammifères géants, physiquement proches d'animaux réels (scarabées, serpents, singes, etc.) et ayant tous un comportement qui leur est propre.

Les combats contre ces monstres ne se limitent cependant pas à du bourrinage sans réflexion. Les dégâts sont en effet localisés sur le corps de chaque bébête et il vous faudra autant que possible blesser les parties du corps les plus faibles et essayer d'en casser certaines pour fragiliser la créature, voire obtenir des récompenses supplémentaires en fin de quête. Trancher la queue d'un dragon vous permettra ainsi de mettre la main sur celle-ci. Notez que vous disposez, pour ce faire, d'un panel d'armes qui s’agrandit sans cesse au fil des épisodes, chacune proposant un style et une manière de jouer qui lui est propre (épée, lance, arc, hache, fusils, etc.) Ajoutons, enfin, qu'aucune barre de vie n'affiche l'état de santé du monstre. Il vous appartient alors d'étudier son comportement pour détecter les signes de fatigue indiquant s'il va bientôt rendre l'âme. Libre à vous de l'achever ou de le capturer dans un piège pour obtenir un panel de récompenses différent.

La localisation des dégâts sur le Rathalos indique que la tête est sa partie la plus fragile

La localisation des dégâts sur le Rathalos indique que la tête est sa partie la plus fragile

Pour parvenir à affronter ce bestiaire varié, le Hunter dispose de tout un tas d'items et d'équipements qu'il peut emporter durant sa quête pour espérer venir à bout de celle-ci. Et c'est là toute l'originalité de MH. Contrairement aux RPG traditionnels dans lesquels l'évolution du héros se fait par le biais de gains d'expérience augmentant continuellement les caractéristiques de celui-ci, dans MH les caractéristiques du héros restent les mêmes du début à la fin du jeu! Le seul moyen de les faire évoluer est alors d'équiper des pièces d'armures et des armes qui feront gagner au Hunter de la défense pour les premières et de la puissance d'attaque pour les secondes.

Chaque catégorie d'équipement offre son lot de points de talents (positifs et négatifs). Ceux qui atteignent 10 ou -10 s'activent.

Chaque catégorie d'équipement offre son lot de points de talents (positifs et négatifs). Ceux qui atteignent 10 ou -10 s'activent

Mais ça n'est pas tout! L'équipement dispose aussi de points de talents dont le total, issu de la somme de chaque pièce d'armure, permet d'activer le talent correspondant, une fois un certain seuil atteint (en général c'est à partir de +/- 10pts). Ces nombreux talents peuvent être de différentes natures, comme une augmentation de l'attaque ou de la défense, une immunité à un quelconque élément (au poison, par exemple), la capacité à se fatiguer plus lentement, l'augmentation de l'efficacité des soin, etc. Au final, malgré les caractéristiques de défense de l'équipement, c'est les talents que procure telle ou telle combinaison de pièce d'armures qui sont vraiment intéressants. C'est une fois ce concept assimilé que le jeu dévoile toute sa richesse.

Du farming intelligent

Si les objets et l'équipement de base peuvent être achetés auprès des différents vendeurs, c'est par la combinaison de ressources entre elles et l'amélioration auprès d'un forgeron, moyennant différents matériaux, que l'on pourra confectionner des items utiles, ainsi que des armes et armures plus efficaces.

Les différentes ressources peuvent alors être récoltées aléatoirement durant les quêtes. S'il faudra utiliser une pioche pour miner les gisements afin de récupérer des minerais ou un filet à papillon pour capturer des insectes, d'autres ressources naturelles pourront, quant à elle, être cueillies à même le sol. Baies, herbes, poissons, champignons, la quantité de ressources naturelles est variée et la rareté de certaines d'entre elles vous poussera à refaire plusieurs fois la même quête dans l'espoir de pouvoir récolter l'item qu'il vous manque pour terminer votre armure.

Dépecer les monstres permet de récupérer des matériaux

Dépecer les monstres permet de récupérer des matériaux

Les matériaux quant à eux se récoltent directement sur les monstres tués en les dépeçant pour mettre la main sur des écailles, des dents, des griffes, des os, de la viande, de la peau, des ailes et des centaines d'autres matériaux qui vous serviront particulièrement à confectionner un meilleur équipement. MH est donc un jeu axé sur le farming des ressources et matériaux qui permettent d'évoluer pour affronter des monstres toujours plus puissants.

Richesse infinie

Les mécaniques de jeu de MH semblent tout droit sorties d'un MMO traditionnel et ça n'est pas son aspect multijoueur coopératif, jusqu'à 4 Hunters (en local ou en ligne), qui effacera cette idée de certains esprits. Pour autant, vous l'aurez compris, rien n'est laissé au hasard dans MH. Tout a son importance et apporte quelque chose à un moment ou à un autre du gameplay. Les activités secondaires sont aussi nombreuses, permettent d'acquérir des ressources impossibles à obtenir en farmant et facilitent régulièrement la progression via différents systèmes pour acquérir plus rapidement des ressources de base.

Un repas à la cuisine permet d'obtenir quelques bonus et talents bienvenus pour la prochaine quête

Un repas à la cuisine permet d'obtenir quelques bonus et talents bienvenus pour la prochaine quête

Monster Hunter est un jeu complexe, riche, exigeant, mais aussi extraordinairement gratifiant. Avoir farmé des quêtes "faciles" pour obtenir de quoi confectionner l'équipement, qui vous a enfin permis de vaincre un monstre, qui vous a tant tenu en échec, apporte une sensation d'accomplissement assez unique (similaire à ce que procure justement le Dark Souls qui m'a conduit à cette découverte). S'il faut du temps pour comprendre toutes les subtilités de ce gameplay riche, il faudra des centaines d'heures pour en maîtriser les différents aspects et plus encore pour faire le tour du soft. Pour ma part, malgré presque 200h sur l'ensemble de la saga (Freedom, 3U et 4U, pour les connaisseurs), je me considère encore comme un Hunter débutant et je ne peux que vous conseiller de vous lancer vous aussi dans l'aventure!

 

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
13Août/150

Pixels, le rétro-film buggé

Pixels de Chris Columbus

Pixels de Chris Columbus

Comment peut-on se planter à ce point? Comment peut-on transformer un court-métrage cool et original en un tel amas de pixels informes de près de deux heures? Pixels ne serait-il pas simplement le dernier témoin en date de la décrépitude progressive d'un système hollywoodien en manque d'originalité?

Si, sur le papier, le pitch mêlant jeux rétros et monde réel paraissait intéressant, il s'avère rapidement qu'il a tout de la fausse bonne idée. Car, si le concept fonctionnait parfaitement dans un court de moins de 3 minutes (que vous pouvez voir ci-après), le film en démontre rapidement les limites en cherchant à y accoler un scénario typique de comédie américaine dans ce que le genre a de pire.

Tout juste retiendra-t-on, alors, les trop rares séquences d'action rétro reprenant le concept originel, hélas souvent gâchées par un montage à ellipses, qui enlève toute tension, et par une mise en scène d'une désolante platitude. Débordant de personnages affreusement caricaturaux et ridicules, de blagues lourdes et de gags qui tombent à plat, Pixels semble être un éloge à la stupidité des geeks qu'il met en scène, comme des spectateurs qu'il tente de convaincre.

Là où Edgar Wright avait parfaitement rendu hommage à cette communauté dans son déjanté Scott Pilgrim, Pixels dépeint les gamers comme des débiles asociaux, allant du timide binoclard complexé, au compétiteur sûr de lui, malhonnête et qui se la pète à mort. Ajoutons à cela le rôle des personnages féminins relégués au rang de simple objet de récompense et de réussite pour parachever cet assemblage de clichés d'un autre âge.

"Les nerds embrassent comme des dieux" (extrait du film. Sérieusement!)

"Les nerds embrassent comme des dieux" (extrait du film. Sérieusement!)

En voulant rendre hommage à cette génération qui a découvert les jeux vidéos dans les années 80-90, le nouveau film de Chris Columbus oublie de tenir compte de l'évolution du média et de ses joueurs. Il livre indéniablement l'un des pires films de l'année et manque complètement sa cible pour viser davantage les détracteurs des geeks, qui prendront plaisir à voir ainsi dépeints ceux qu'ils dénigrent.

 

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
15Juil/120

127 Heures

127 Heures d'Aron Ralston

Je viens de terminer la lecture de 127h, l'auto-biographie d'Aron Ralston, le type qui s'est retrouvé le bras coincé sous un rocher et a fini par s'amputer pour sortir de là. Danny Boyle en a fait un excellent film en 2010 avec James Franco. Sauf que le film ne montrait finalement que la partie émergée de l'iceberg. Le bouquin ne se contente pas de traiter uniquement des efforts du mec pour se tirer de là. Non, c'est bel et bien une autobiographie de ce baroudeur qui nous raconte sa passion pour la nature, les défis physiques et les exploits personnels.

OK, le type a tenu 5 jours dans son canyon avant d'avoir le courage de se mutiler pour survivre ; respect, parce que je ne sais pas si j'aurais un tel courage. Pour autant, je n'ai eu de cesse à la lecture du livre de trouver Ralston de plus en plus antipathique à mesure que j'apprenais à le connaitre par le biais de ses témoignages. A mes yeux, ce mec n'a absolument rien d'un héros. C'est juste un type égoïste, totalement inconscient qui prend du plaisir en mettant sa vie en danger lorsqu'il affronte des situations extrêmes.

On se rend compte au fil des pages que ça n'est pas la première fois qu'il frôle la mort, même s'il est clair que l'épisode du rocher a été celui où il s'en est trouvé au plus près. Autant dire qu'il a mérité ce qui lui est arrivé vu sa mentalité. Lui-même finit d'ailleurs par en arriver à la même conclusion ! Aron Ralston est un casse-cou dont le nom a faillit allonger la liste des victimes de pratique de sports extrêmes, mais en aucun cas un héros. Un héros c'est quelqu'un qui met sa vie en danger pour préserver celle des autres. Un inconscient risque sa vie pour son plaisir personnel. Pas de quoi les pleurer s'ils y restent, ni les porter aux nues quand ils s'en sortent...

Lisez son livre, regardez le film, puis réfléchissez avant d'entreprendre quelque chose de risqué (pas besoin d'aller faire un trek dans le Colorado pour prendre des risques). On a beau n'avoir qu'une vie, est-ce que ça vaut le coup de la gâcher, voire de l'écourter pour le fun ? A moins d'être un ermite associal, on a des gens qui nous aiment et qui tiennent à nous et qui seraient détruits s'il nous arrivait quelque chose. La moindre des choses à faire pour eux c'est quand même d'éviter de se mettre en danger volontairement. Ça s'appelle le respect. Et l'amour.

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
26Avr/120

Films en vrac #1

Puisque j'ai pas mal de critiques de films en retard et pas franchement la motivation d'en faire des articles aussi poussés que d'habitude, c'est parti pour un petit aperçu rapide de ce que j'ai vu il y a quelques semaines et ce que j'en ai pensé !

Extrêmement Fort et Incroyablement Près

Grosse surprise. Un film drôle, beau, émouvant, plein d'énergie, qui donne la pêche et traite avec merveille de la vie, de la mort, du deuil et impose une formidable vision de l’éducation des enfants. L'un des meilleurs films sur le 11 septembre que j'ai pu voir et le premier film qui m'aura marqué cette année. Thomas Horn, le jeune héros dont c'est le premier rôle au cinéma, est hallucinant de naturel. Un futur grand !

John Carter

Ne vous fiez pas à sa bande-annonce qui rappelle étrangement Star Wars ou Avatar, pour ne citer qu'eux : John Carter, c'est l'adaptation de l’œuvre littéraire à l'origine de cette SF aux univers foisonnants de détails et où bravoure et héroïsme sont au cœur de l'histoire. Pour le coup, si on se replace dans le contexte du bouquin, John Carter est un excellent film d'aventure, improbable mix entre la science-fiction et la fantasy avec un sacré penchant pour ce dernier genre. Un héros au grand cœur, un royaume en danger, une princesse qui a du caractère, des monstres bizarres, de l'humour bien trouvé, des effets spéciaux réussis et des scènes épiques, accompagnées par une magnifiques bande originale de Michael Giacchino, c'est ça John Carter et, franchement, c'est pas souvent qu'un blockbuster s'en sort aussi honnêtement et ne cherche pas à être autre chose que ce qu'il est : un bon divertissement. A noter que pour son premier grand rôle, Taylor Kitsch s'en sort à merveille en héros tourmenté. Dommage que le box-office et les critiques n'aient pas suivis et qu'on aie peu de chance de voir la suite, parce que l'univers et les personnages étaient intéressants...

La Dame en Noir

Premier rôle post-Harry Potter pour Daniel Radcliffe et c'est pour cette seule raison que je suis allé voir ce film fantastique archi-classique. Le bonhomme s'en sort quand même pas trop mal et parvient à faire oublier le rôle qui l'a rendu célèbre. Et le film ? Une bonne ambiance, quelques scènes bien fichues mais ça traine sacrément en longueur pour pas grand chose ! Disons que si ç'avait été un épisode de La Quatrième Dimension, plus court et qui va à l'essentiel avec un bon twist final, ça l'aurait fait, mais là on s'ennuie rapidement. Dommage...

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
21Avr/124

Walking Dead Saison 2 – Episodes 8 à 13

Walking Dead Saison 2 - 2ème Partie par AMC

Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Les producteurs ont-ils finalement viré les scénaristes responsables d'une saison et demi de gâchis et de grand n'importe quoi? Le départ de Frank Darabont, qui occupait jusque-là le poste de showrunner, a-t-il été un déclic ?

Aussi étonnant et incroyable que ça puisse paraitre, cette deuxième partie de la saison 2 de Walking Dead est dans la continuité de l'excellent final de sa première moitié. Bon, attention, je ne dit pas que la série est excellente, loin s'en faut. Disons juste qu'il y a une sacré amélioration qualitative et que la série commence (enfin !) à devenir plutôt bonne, intéressante et plus fidèle à l'esprit du comic-book.

Comme je l'ai déjà expliqué dans mes critiques des épisodes précédents, ce qui faisait énormément défaut à Walking Dead c'était son écriture plus que foireuse à tous les niveaux. Les scénarios de ces six nouveaux épisodes ressemblent enfin à quelque chose, avec des intrigues qui avancent, lentement certes, mais on est bien loin du surplace permanent auquel on était habitué jusque-là.

Les épisodes deviennent du coup un peu plus rythmés, l'utilisation de nombreuses ellipses permettant d'éviter de s'attarder sur des évènement évidents, inutiles ou sans intérêt. Ajoutons à cela que les péripéties sont devenues plus réalistes et plus crédibles par rapport au contexte d'apocalypse. Finis les rebondissements ridicules et clichés qui n'ont d'autre but que de faire stagner l'histoire, un épisode de plus, et n'ont pas leur place dans une série sur les zombies ! Les dialogues, aussi, sont bien mieux écrits, servent l'intrigue, sont plus rythmés, plus intéressants et ne s'éternisent plus pendant des plombes pour faire passer des informations simples. On va à l'essentiel, sans tourner autour du pot et ça, ça fait du bien !

Dans cette deuxième partie de saison, on se réveille douloureusement...

Du coup, cette amélioration générale de l'écriture donne enfin de l'intérêt aux personnages qui se décident à se réveiller, après 13 épisodes de glandouille mentale. Les évènements du final du 7ème épisode de cette saison 2 les ont si profondément marqués qu'ils semblent tout juste comprendre l'étendue de la menace qui pèse sur eux au quotidien et commencent à agir en vrais survivants et non plus en touristes en visite à Disneyland !

Leurs relations évoluent et les comportements et réactions idiotes ont quasiment déserté leur quotidien. Seul deux irréductibles persistent dans leur bêtise, comme s'ils n'avaient pas senti passer la claque qui a ramené tous les autres à la réalité. Ainsi, Dale est toujours aussi donneur de leçon et suspicieux, faisant de cet ainé un type détestable alors qu'il est adorable dans la version papier. Lori, quand à elle, reste égale à elle-même et multiplie les actes illogiques et irréfléchis, ce qui ne cesse de la mettre en danger et oblige les VRAIS survivants à voler constamment à son secours ou à tacher de la réconforter. Une petite morsure ne lui ferait pas de mal...

... on fait encore quelques conneries...

Cependant, le plus gros changement semble être intervenu chez Rick. Plus présent, le personnage se met enfin en avant et assume son rôle de leader en faisant ses premiers choix difficiles. Finit l'ex-flic hagard, qui découvrait quotidiennement, avec une égale surprise, que la nature l'avait doté de dix doigts alors qu'il ne savait pas quoi en faire. A croire que le personnage, qui sortait du comas dans le pilote du show, vient tout juste de vraiment se réveiller ! On est encore loin de son homologue papier mais Rick Grimes commence enfin à ressembler à quelque chose. Plus violent, plus dur, plus froid, plus survivant quoi ! Peut-être un poil trop, d'ailleurs, tant la différence entre le type paumé qu'il était et le leader qu'il est devenu est importante.

Cet écart de personnalité général est d'ailleurs ce qui finit par desservir le personnage de Shane. En effet, alors qu'il avait une mentalité de survivant, jusque-là, il se change peu à peu en psychopathe, sans véritable raison apparente, comme pour justifier ce qui lui arrive au terme de la saison. Dommage de traiter ainsi l'un des seuls personnages qui avait été bien développé jusque-là. Dernier changement notable du côté d'Andrea qui étonne dorénavant par son sang froid et sa mentalité plus survivante. Tous ces changements de personnalités s'avèrent particulièrement déroutants au début tant la transition est abrupte, mais ils étaient clairement nécessaires.

... et on commence à économiser les balles et à se la jouer discret !

Cette seconde partie de saison 2 gomme la majeure partie des défauts que la série avait jusque-là. Walking Dead commence enfin à ressembler à la série tv qu'elle devrait être. Son final apocalyptique, bien qu'un peu expéditif par certains aspect, est dans la droite lignée de la version papier. Les dernières minutes annoncent d'ailleurs une saison 3 pleine de surprise et encore plus fidèle au comic-book. En clair, ça va trancher sec et c'est tant mieux !

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
15Avr/120

Titanic 3D

Titanic 3D de James Cameron

Il y a les films qui marquent, qui restent gravés dans l'esprit du spectateur, quelques temps après leur vision. C'est le genre de films desquels on sort avec le sourire. On en parle autour de soi, pour inciter les autres à aller les voir, en leur disant tout le bien qu'on en pense, et on prend toujours du plaisir à les revoir, de temps en temps, en DVD ou à la télé. Et puis il y a les films qui hantent. De ceux-là on sort les yeux brillants, parfois tremblant, comme dans un rêve. Ce genre de films qui nous coupent littéralement du monde le temps de la projection et nous font découvrir une histoire tellement prenante et marquante, qu'à peine sorti de la salle on ressent un vide en nous, une nostalgie qui mettra longtemps à se dissiper et que chaque vision du film ne fera que faire réapparaitre. Titanic est de cette trempe-là.

Vous l'aurez compris, à la lecture de cette introduction,  j'ose le dire, l'écrire même, honte à moi : J'aime Titanic ! Autant que vous soyez prévenus avant d'aller plus loin. Rassurez-vous, je vais bien, pour ceux qui commenceraient déjà à s'inquiéter de mon état de santé. J'aime ce film et, excusez-moi d'être aussi cru (eux le sont tout autant) ; j'emmerde les détracteurs extrémistes sans cœur et de mauvaise foi qui ricanent quand on parle de ce chef-d’œuvre et se la jouent machos-virils-au-rire-gras simplement parce qu'il y a une histoire d'amour dedans ! A croire que leur cœur de pierre (de glace ?) n'a jamais battu pour une âme sœur et que, comme pour les accidents de la route, l'Amour, le vrai, celui qui marque une vie, ça n'arrive qu'aux autres !

J'ai lu et entendu de nombreuses fois ces gens-là, qui n'hésitent pas à critiquer et enfoncer ce film, à tous les niveaux, et le qualifient de navet ultime complétement raté. Tout cet acharnement ressemble d'ailleurs, étonnamment, à une sorte mode que se croit obligée de suivre cette élite "cinéphile", qui prend pourtant du plaisir à regarder de vrais "films de merde" et à le crier haut et fort, parce qu'ils sont plus cools que ce qu'ils considèrent comme la plus grosse faute de parcours de James Cameron. Curieusement c'est aussi un cas de figure qu'on retrouve avec Avatar, le dernier opus du réalisateur, qui contient lui-aussi une histoire d'amour... Qu'on accroche pas à l'histoire, à cet amour impossible ou aux personnages de Titanic, c'est une chose. Mais on ne peut décemment pas faire l'impasse sur le travail de reconstitution titanesque (sans jeu de mot) qui a aidé à faire entrer ce film dans la légende. Que ce soit au niveau des costumes, des décors ou des effets visuels, révolutionnaires pour l'époque, s'il y avait bien quelques éléments à sauver ça serait quand même ceux-là, non ?

La belle et talentueuse Kate Winslet fut LA révélation du film

Bref, voilà pour la mise au point et le coup de gueule, qui me semblaient nécessaire pour défendre ce véritable bijou si souvent et injustement décrié. Retournons à notre paquebot. J'avais douze ans quand j'ai vu Titanic au cinéma en janvier 1998. Ce film restera dans ma mémoire comme étant la première grosse claque cinématographique de mon existence. Jamais je n'avais vu de film de cette envergure et, j'avoue ne pas en avoir vu beaucoup depuis lors. J'ai vu le film trois fois au cinéma, cette année-là, puis seulement une poignée de fois en VHS ou à la TV. En gros, en entrant dans la salle pour voir Titanic 3D, j'estimais ne pas l'avoir vu depuis près de 10 ans !

Et finalement, même si ça me fait prendre un sacré coup de vieux de me dire qu'il est sorti il y a 15 ans, ne pas le revoir pendant aussi longtemps a été la meilleure idée non-intentionnelle que j'ai pu avoir. Cela m'a permis de redécouvrir ce film, que je croyais connaitre par cœur, avec un regard neuf, avec mes yeux et mon âme d'adulte. Et, plus d'une décennie après la première fois, j'avoue avoir encore pris une énorme claque !

Même 15 ans après, le film est toujours aussi impressionnant

Bon, attention, cette nouvelle version reste exactement la même que celle qu'on a pu voir en 98 ; Cameron, en bon perfectionniste qu'il est, n'est pourtant pas Lucas et ne passe pas son temps à modifier sans cesse ce qu'il a fait par le passé. Titanic 3D c'est le même film qu'avant. Mais en mieux ! Ayant bénéficié d'une restauration haute définition absolument hallucinante, cette ressortie en salle permet, ni plus ni moins, de (re)découvrir le film avec une qualité d'image et de son encore jamais atteinte !

Tout au long de la projection, je n'ai pas arrêté de m'extasier devant l'extraordinaire niveau de détails des costumes, des accessoires ou des décors, invisibles jusqu'alors ! Ajoutons à cela la bande-son d'une exceptionnelle pureté, qui regorge de bruitages et d'effets surrounds pour mieux nous immerger aussi bien dans les scènes intimistes que dans celles d’action. C'est bien simple, on dirait que le film a été tourné l'année dernière, tant il est techniquement à la pointe de la technologie ! Seuls les effets visuels pâtissent un peu de cette haute définition, qui les rend davantage discernables. Malgré ce détail mineur, Titanic reste un film qui supporte bien le poids des années et qui devrait continuer sans mal dans cette voie.

Les effets de morphing passé/présent sont toujours aussi magnifiques

Quid de la 3D, cet "artifice" qui semble avoir été utilisé uniquement pour justifier la ressortie du film et se faire du pognon ? Il faut bien avouer que, depuis Avatar, peu de films se sont montrés vraiment convainquants en 3D stéréoscopique et ce sans jamais atteindre la qualité de ce dernier. Autant le dire franchement et sans détours : Titanic en 3D c'est énorme ! Jamais une "simple" conversion d'un film tourné en 2D n'avait atteint un tel rendu ! L'immersion est juste incroyable et le boulot de l'équipe qui s'est chargé de cette conversion est formidable, puisqu'il donne vraiment l'impression que Titanic a été tourné en 3D, rien que ça ! Évidemment, ne vous attendez pas à voir surgir des trucs de l'écran et à en prendre plein la vue. Avec son Titanic 3D, James Cameron, comme pour Avatar, fait plus dans le subtil, le réaliste en jouant sur les différents plans de l'image.

L'écran de cinéma devient alors une fenêtre ouverte sur ce monde de fiction et offre un niveau de profondeur criant de vérité. Que ce soit dans le premier acte, où les interactions entre les personnages sont nombreuses, ou durant le second, où l'inexorable naufrage présente des plans vertigineux, on se croirait littéralement à bord du paquebot mythique, en compagnie de ces personnages si attachants ! Titanic 3D c'est l'occasion de voir au cinéma l'un des plus grands films de tous temps, dans sa version ultime, comme jamais on n'a pu le voir jusque-là ! J'envie ceux qui le découvriront avec cette version, car le choc n'en sera que plus grand ! J'ai d'ailleurs encore du mal à m'en remettre tant l'apport de la HD et de la 3D est important !

La HD permet de redécouvrir l'incroyable soin apporté aux costumes, accessoires et décors du film

C'était aussi la première fois que je le voyais en VO et, dorénavant, il me sera bien difficile de le voir à nouveau en VF, tant l'ensemble du casting est formidable. Je ne m'étendrais pas sur les nombreux seconds-rôles campés par de véritables gueules, qui incarnent avec talent des personnages marquants. Je préfère me concentrer sur le duo d'acteurs principal dont le film a lancé la carrière. Oui, tous les deux étaient jeunes, beaux et ont fait battre les cœurs de nombreux spectateurs, mais pas seulement. La symbiose entre Kate Winslet et Leonardo DiCaprio est si parfaite que leurs nombreuses passes-d'armes orales deviennent de plus en plus jubilatoires à mesure que leurs taquineries et disputes des débuts se muent subtilement en amour véritable. Le naturel et le talent des deux acteurs fait qu'on y croit, malgré le fait que le rang social de leurs personnages n'aurait sans doute pas permis une telle histoire de se réaliser.

Tout au long du film on s'attache à ce couple et à leurs péripéties et c'est sans doute leur relation, aussi belle qu'éphémère, qui apporte cette douloureuse pointe de nostalgie au moment du générique de fin. Leur histoire d'amour n'est, certes, pas bourrée d'originalité, mais elle a au moins le mérite d'être bien écrite, bien menée et bien interprétée. Nombreuses sont les critiques qui la qualifient de "gnian-gnian", mais il faut quand même souligner, qu'elle est si subtilement et intelligemment traitée, qu'au cours des trois heures de film n'est prononcée qu'une seule fois la phrase "Je t'aime". Pour un sommet du cinéma romantique, avouez que c'est quand même léger ! En tout cas, ça suffit pour qu'on y croit et c'est tout ce qui compte, finalement.

Cette première joute verbale entre les protagonistes est l'une des meilleures scènes du film

Avant d'être un réalisateur de génie, un artiste visionnaire, James Cameron est un scénariste d'exception qui sait écrire et raconter les histoires. A ce titre, le scénario de Titanic est un modèle du genre, à la fois rythmé, complexe et ingénieux. Le script est si bien mené que Cameron parvient à nous abreuver d'informations techniques et historiques, sur l'époque ou le paquebot, par l'intermédiaire de dialogues rhétoriques intelligemment intégrés au récit ou grâce à une visite quasi-complète du navire justifiée par le récit. Ainsi, le personnage de Rose, qui appartient à la haute société, côtoie à de nombreuses reprises les responsables du bateau ou de sa construction qui distillent, petit à petit, chiffres et détails qui permettent d’appréhender avec plus d'informations la tragédie qui se joue par la suite.

Le scénario réussit aussi l'exploit d'utiliser le Titanic comme simple décor et d'en faire presque un personnage secondaire, témoin des événements vécus par ses passagers, alors qu'il en est finalement le personnage principal ! Titanic c'est un peu la petite histoire de la grande Histoire, même si on reste évidemment dans le cadre d'une fiction.

La reconstitution de l'inexorable naufrage est toujours d'un réalisme saisissant !

Difficile aussi de ne pas souligner la qualité d'écriture des dialogues, parfois drôles, décalés ou incisifs et aux tonalités contemporaines mais qui ne jurent jamais avec l'époque à laquelle se déroule le film. James Cameron est aussi un maitre du suspense qui multiplie les climax pour relancer, sans cesse, une intrigue dont la dernière heure est particulièrement éprouvante, tant elle est bourrée de rebondissements, de passages apocalyptiques et de scènes d'anthologie.

James Cameron a toujours été un grand féministe qui n'a jamais cessé de montrer les femmes comme des battantes à la fois fortes et fragiles mais qui n'abandonnent jamais, quoi qu'elles aient à affronter. Porté par le naturel de la jeune Kate Winslet, le personnage de Rose, jeune aristocrate rebelle, est un personnage puissant et déterminé comme le réalisateur les affectionne tant. Emprisonnée par une mère sévère et possessive, dans une société régie par des conventions et des personnalités qu'elle exècre, la jeune femme va découvrir auprès de Jack, joué par Leonardo DiCaprio, une vision de la vie qu'elle n'imaginait qu'en rêve.

Rose & Jack c'est la représentation ultime et intemporelle du Grand Amour

Ce dernier donne à Rose cette force et ce courage dont elle avait besoin pour se libérer de ce monde qu'elle déteste tant et qui ne lui correspond pas. Le jeune homme lui permet, en quelques sorte, de renaître et de pouvoir enfin vivre la vie qu'elle souhaite et non plus celle qui lui est imposée par son rang social. "Never let go", lui fait-il promettre ("n'abandonne jamais"). Et, malgré la perte de l'amour de sa vie, Rose, marquée pour l'éternité par cette rencontre, ne cessera jamais de se battre, de tout faire pour être heureuse et de continuer à vivre, sans cet homme qui lui a montré la voie du bonheur. Changer la vie de la personne qu'on aime et lui offrir des perspectives inconnues jusqu'alors, est-ce que ça ne serait pas ça la définition de l'Amour ?

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
12Avr/120

Chronicle

Chronicle de Josh Trank

Chronicle a pas mal fait le buzz au moment de sa sortie, la faute principalement à une campagne promotionnelle plutôt bien foutue. Le soucis c'est que des promos et des films tournés de la sorte (en "found footage") il y en a déjà eu pas mal par le passé et ils se sont souvent révélés décevant voire limite "footage" de gueule. Le désastreux Paranormal Activity est l'un des indignes représentants de cette catégorie de films et il a pourtant eu droit à deux suites !

J'étais donc plutôt méfiant vis-à-vis de Chronicle car, malgré une bande-annonce prometteuse, on n'était pas à l'abri d'une nouvelle arnaque. Finalement, ce petit film de super-héros est une excellente surprise. Pour peu qu'on accepte le parti pris de mise en scène où les caméras sont utilisées par les personnages, il n'y a pas de raison de ne pas se laisser embarquer dans cette sympathique histoire.

Chronicle c'est une sorte de pot-pourri du film de super-héros. S'il ne manque pas de bonnes idées et d'originalité, le scénario pique aussi à droite ou à gauche des idées dans les meilleurs films du genre pour mieux les détourner à sa sauce, voire même leur donner un coup de jeune. Il ne faut donc pas voir là un plagiat sans imagination, mais plutôt un hommage à ces histoires, d'autant plus que Chronicle se démarque des habituels mutants en collants fluo qui sauvent le monde pour proposer quelque chose de plus réaliste, intimiste et terriblement crédible. Ici, pas d'identités secrètes ou d'univers complexe. Juste notre monde et trois ados normaux qui se retrouvent avec des supers-pouvoirs dont ils se servent simplement pour s'éclater.

Porté par trois excellents jeunes acteurs dont le jeu frise la perfection, Chronicle est aussi un film sur l'adolescence et le passage à l'âge adulte. Les pouvoirs de chacun des héros vont les changer irrémédiablement et les faire progressivement devenir des adultes. Après une première partie détendue et pleine d'humour, cette transition se produit dans la seconde moitié du film. D'une noirceur surprenante, on y est le témoin privilégié et bouche bée de la naissance d'un super-vilaindigne des meilleurs comic-book.

Les excellents Alex Russell, Michael B. Jordan et Dane DeHaan sont à suivre de très près

Le plus effrayant dans ce sombre processus de transformation c'est que l'on a profité de la première partie pour s'attacher au personnage et que son cheminement vers le côté obscur n'en est que plus compréhensible, logique même. Le film traite d'ailleurs avec justesse et sans tabou de la violence familiale et présente des scènes d'une violence physique assez incroyable, filmées en un seul plan et qui ont dû s'avérer éprouvantes à jouer par les acteurs.

Chronicle est donc un excellent film qui renouvelle l'univers super-héroïque, en misant à fond la carte du réalisme et de l'identification, et qui n'hésite pas à aller jusqu'au bout de ses idées, comme lors de son final apocalyptique proprement hallucinant ! Une suite est d'ailleurs déjà en projet. Curieux de voir ce que ça peut donner même si ça ne me parait pas forcément justifié...

 

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
11Avr/120

Tucker & Dale Fightent le Mal

Tucker & Dale Fightent le Mal d'Eli Craig

Tucker & Dale Fightent le Mal c'est encore un petit film sorti de nulle part, mais qui aurait mérité une promo et une distribution un peu plus conséquente tant il s'avère réussi. Débutant comme un classique film d'horreur, celui-ci a tôt fait de montrer son véritable visage ; celui de la parodie. A partir d'une succession de quiproquos et de malentendus tous plus décalés les uns que les autres, Tucker & Dale multiplie les idées barrées et les références pour s'avérer être finalement un véritable hommage aux films d'horreur à la Evil Dead.

Les clichés du genre se mêlent alors à un humour noir et à des situations complétement déjantées que n'aurait pas renié Sam Raimi dans sa célèbre trilogie. Mené tambour battant, le film d'Eli Craig n'accuse aucun temps mort et a tout du cartoon horrifico-gore. Porté tout du long par les gueules hilarantes des excellents, mais plus habitués aux seconds rôles, Tyler Labine et Alan Tudyk, Tucker & Dale est une excellente comédie de genre qui parvient même à laisser paraitre en filigrane un message de respect et de tolérance. Dommage que le film soit si peu connu parce que j'ai rarement autant rit au cinéma.

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
4Avr/120

Take Shelter

Take Shelter de Jeff Nichols

Je n'avais jamais entendu parler de Take Shelter avant qu'il ne sorte et que j'en lise des critiques élogieuses. Loin des blockbusters du genre, le réalisateur Jeff Nichols propose un film catastrophe intimiste à des lieux des habituels films du genre.

Alors, attention, Take Shelter est un film d'auteur à petit budget, donc inutile de s'attendre à une avalanche d'effets spéciaux et de scènes d'action parce que vous serez forcément déçu ! Réaliste dans le traitement de ses personnages et très axé sur leur psychologie, ce film repose essentiellement sur la prestation de ses acteurs principaux qui incarnent une petite famille américaine moyenne.

Sujet à des visions prophétiques de tempête apocalyptique, le personnage de l'excellent Michael Shannon semble complétement à côté de la plaque, alors qu'il tente par tous les moyens de construire l'abri censé préserver sa famille de cette hypothétique catastrophe. Tout au long du film on assiste alors à une montée en puissance de la folie de ce père qui croit faire ce qui est juste pour ses proches, alors que tout le monde le croit dingue. Le traitement de ce père de famille n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui du héros de Rencontres du 3ème Type, lui-aussi incompris et mis à l'écart par les autres.

Malgré l'hallucinante prestation de Shannon, la vraie perle de ce film reste, pour moi, l'actrice Jessica Chastain. Toujours aussi magnifique, naturelle et talentueuse, cette fille est vraiment mon gros coup de cœur, depuis que je l'ai découverte dans Tree Of Life, à telle point qu'elle commence à supplanter, dans mon cœur de cinéphile, Jodie Foster, mon actrice préférée !

Suivant un déroulement classique et une montée du suspense lente et progressive, Take Shelter est un bon petit film, spécial mais qui mérite d'être vu, même s'il finit par sentir le pétard mouillé dans son dernier quart d'heure, avant de se rattraper de justesse avec une fin qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Vous voilà prévenus !

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
23Mar/121

Sherlock Holmes 2 – Jeu d’Ombres

Sherlock Holmes 2 - Jeu d'Ombres de Guy Ritchie

Le premier Sherlock Holmes s'était avéré être une très bonne surprise. Rythmé, fourmillant d'idées et de trouvailles, porté par son duo d'acteurs qui semblaient s'être bien amusés, ce film était, qui plus est, très fidèle à l'esprit des écrits de Conan Doyle. Ce deuxième volet partait donc sur de bonnes bases, alors pourquoi m'a-t-il autant déçu? Je n'irais pas jusqu'à dire que Sherlock Holmes 2 est un mauvais film. Disons plutôt qu'il est assez brouillon.

Brouillon car les intrigues sont nombreuses, se multiplient et font partir les personnages littéralement dans tous les sens, alors que les héros passent une grande partie du film à voyager et à croiser des dizaines de personnages secondaires. A terme, on finit par s'ennuyer, malgré le rythme effréné de ces trop nombreuses péripéties.

Pour autant le duo Robert Downey Jr/Jude Law fonctionne toujours parfaitement, même si chacun en fait beaucoup trop. A croire que le réalisateur cherchait à faire un nouveau Pirates des Caraïbes ! Impression renforcée par la bande-son de Zimmer qui rappelle énormément ses compositions sur la fameuse saga. Sauf que Sherlock Holmes n'a pas un univers et des personnages assez déjantés pour que ça fonctionne !

Bon, c'est vrai, il y a quand même des scènes d'action, pour la plupart bien menées, même si elles utilisent abusivement les ralentis. Mais ce Sherlock Holmes 2 est aussi bien trop bavard. En effet, les personnages passent un temps fou à discuter et s'envoyer des piques pour faire avancer une histoire brumeuse et dont il est bien difficile de comprendre les enjeux.

Noomi Rapace fait un peu potiche face à Robert Downey Jr. Dommage...

Qui plus est, les habitués de l'univers et des personnages de Conan Doyle verront venir sans surprise le combat final. Bien mené, cérébral et puissant, cet affrontement arrive, à mon avis, un peu trop tôt dans cette version ciné, surtout que la scène finale gâche un peu la force de ce dénouement.

Porté par son duo d'acteurs qui passe son temps à cabotiner et à se chamailler ce Sherlock Holmes 2 est une petite déception, tant il mise trop sur la surenchère et présente au final peu de réelles innovations par rapport au précédent volet.

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
Remplis sous: Cinéma, Critique 1 commentaire
Page 1 sur 9
1
2
3
4
5
Dernière »