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21Avr/124

Walking Dead Saison 2 – Episodes 8 à 13

Walking Dead Saison 2 - 2ème Partie par AMC

Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Les producteurs ont-ils finalement viré les scénaristes responsables d'une saison et demi de gâchis et de grand n'importe quoi? Le départ de Frank Darabont, qui occupait jusque-là le poste de showrunner, a-t-il été un déclic ?

Aussi étonnant et incroyable que ça puisse paraitre, cette deuxième partie de la saison 2 de Walking Dead est dans la continuité de l'excellent final de sa première moitié. Bon, attention, je ne dit pas que la série est excellente, loin s'en faut. Disons juste qu'il y a une sacré amélioration qualitative et que la série commence (enfin !) à devenir plutôt bonne, intéressante et plus fidèle à l'esprit du comic-book.

Comme je l'ai déjà expliqué dans mes critiques des épisodes précédents, ce qui faisait énormément défaut à Walking Dead c'était son écriture plus que foireuse à tous les niveaux. Les scénarios de ces six nouveaux épisodes ressemblent enfin à quelque chose, avec des intrigues qui avancent, lentement certes, mais on est bien loin du surplace permanent auquel on était habitué jusque-là.

Les épisodes deviennent du coup un peu plus rythmés, l'utilisation de nombreuses ellipses permettant d'éviter de s'attarder sur des évènement évidents, inutiles ou sans intérêt. Ajoutons à cela que les péripéties sont devenues plus réalistes et plus crédibles par rapport au contexte d'apocalypse. Finis les rebondissements ridicules et clichés qui n'ont d'autre but que de faire stagner l'histoire, un épisode de plus, et n'ont pas leur place dans une série sur les zombies ! Les dialogues, aussi, sont bien mieux écrits, servent l'intrigue, sont plus rythmés, plus intéressants et ne s'éternisent plus pendant des plombes pour faire passer des informations simples. On va à l'essentiel, sans tourner autour du pot et ça, ça fait du bien !

Dans cette deuxième partie de saison, on se réveille douloureusement...

Du coup, cette amélioration générale de l'écriture donne enfin de l'intérêt aux personnages qui se décident à se réveiller, après 13 épisodes de glandouille mentale. Les évènements du final du 7ème épisode de cette saison 2 les ont si profondément marqués qu'ils semblent tout juste comprendre l'étendue de la menace qui pèse sur eux au quotidien et commencent à agir en vrais survivants et non plus en touristes en visite à Disneyland !

Leurs relations évoluent et les comportements et réactions idiotes ont quasiment déserté leur quotidien. Seul deux irréductibles persistent dans leur bêtise, comme s'ils n'avaient pas senti passer la claque qui a ramené tous les autres à la réalité. Ainsi, Dale est toujours aussi donneur de leçon et suspicieux, faisant de cet ainé un type détestable alors qu'il est adorable dans la version papier. Lori, quand à elle, reste égale à elle-même et multiplie les actes illogiques et irréfléchis, ce qui ne cesse de la mettre en danger et oblige les VRAIS survivants à voler constamment à son secours ou à tacher de la réconforter. Une petite morsure ne lui ferait pas de mal...

... on fait encore quelques conneries...

Cependant, le plus gros changement semble être intervenu chez Rick. Plus présent, le personnage se met enfin en avant et assume son rôle de leader en faisant ses premiers choix difficiles. Finit l'ex-flic hagard, qui découvrait quotidiennement, avec une égale surprise, que la nature l'avait doté de dix doigts alors qu'il ne savait pas quoi en faire. A croire que le personnage, qui sortait du comas dans le pilote du show, vient tout juste de vraiment se réveiller ! On est encore loin de son homologue papier mais Rick Grimes commence enfin à ressembler à quelque chose. Plus violent, plus dur, plus froid, plus survivant quoi ! Peut-être un poil trop, d'ailleurs, tant la différence entre le type paumé qu'il était et le leader qu'il est devenu est importante.

Cet écart de personnalité général est d'ailleurs ce qui finit par desservir le personnage de Shane. En effet, alors qu'il avait une mentalité de survivant, jusque-là, il se change peu à peu en psychopathe, sans véritable raison apparente, comme pour justifier ce qui lui arrive au terme de la saison. Dommage de traiter ainsi l'un des seuls personnages qui avait été bien développé jusque-là. Dernier changement notable du côté d'Andrea qui étonne dorénavant par son sang froid et sa mentalité plus survivante. Tous ces changements de personnalités s'avèrent particulièrement déroutants au début tant la transition est abrupte, mais ils étaient clairement nécessaires.

... et on commence à économiser les balles et à se la jouer discret !

Cette seconde partie de saison 2 gomme la majeure partie des défauts que la série avait jusque-là. Walking Dead commence enfin à ressembler à la série tv qu'elle devrait être. Son final apocalyptique, bien qu'un peu expéditif par certains aspect, est dans la droite lignée de la version papier. Les dernières minutes annoncent d'ailleurs une saison 3 pleine de surprise et encore plus fidèle au comic-book. En clair, ça va trancher sec et c'est tant mieux !

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
18Mar/122

Walking Dead Saison 2 – Episodes 1 à 7

Walking Dead Saison 2 - 1ère Partie par AMC

J'ai vraiment été très déçu par la première saison de Walking Dead. Mal écrite, globalement mal jouée, mollassonne, trop éloignée de l'esprit du comic-book, on ne pouvait garder de cette saison 1 que son excellent pilote et ses zombies aux maquillages parfaits. Je suis un grand fan du comic-book de Robert Kirkman et, pourtant, j'ai longtemps attendu avant de me lancer dans cette nouvelle saison. Puisqu'elle a été coupée en deux parties, j'ai enchainé les 7 épisodes de la première moitié avant de me décider à écrire un article dessus.

Durant la production de cette nouvelle saison, admettant qu'ils s'étaient quand même un peu plantés (!) sur la saison 1, les producteurs n'ont jamais cessés de clamer qu'ils allaient faire mieux et porter la série à un tout autre niveau. Difficile de dire s'ils ont atteint le premier objectif, mais il est clair qu'ils ont atteint le second et pas forcément dans le bon sens du terme...

Franchement, il n'y a pas une grosse évolution par rapport à la saison précédente. Walking Dead est toujours aussi bourrée d’invraisemblances ou de situations ridicules. On a beau être en pleine apocalypse de zombies, difficile de justifier tous les problèmes et les coups durs subits par les personnages. Cette série est un parfait exemple de la Loi de Murphy ! Quoi que décident de faire les personnages, s'il y a le moindre truc qui peut foirer, on peut être sûr que ça va foirer ! Et même quand il n'y a aucune chance qu'il y ait un problème, tant ce qu'ils font est sans risque, les scénaristes trouvent quand même le moyen d'empirer les choses via des éléments perturbateurs surgis de nulle part.

L'attaque de la horde qui sert d'introduction à la saison s'éternise inutilement pendant près de 10 minutes !

Au fil des sept épisodes, on croise alors tout un tas de scènes de ce type et, si on peut admettre que tout ne se passe pas toujours comme prévu, vu le contexte, on en vient vite à être saoulé par ces rebondissements dignes de scénaristes débutants.

Malgré le fait qu'il leur arrive toutes les catastrophes possibles, les personnages n'en sont pas moins IDIOTS, n'ayons pas peur des mots. Chacun à alors son moment de gloire : comportements incompréhensibles, réactions exagérées ou à côté de la plaque, maladresses à la chaine, raisonnements pas crédibles, manques de prudence élémentaire (utilisation de véhicules bruyants et coups de feux à tout va, au risque d'alerter les zombies)... C'est bien simple, je crois n'avoir jamais vu des personnages aussi peu réalistes, aussi peu crédibles et surtout aussi peu attachants. Car, à force de les voir jouer les crétins, alors qu'on voit venir la tuile à dix kilomètres, on en vient à les détester et donc à prendre encore plus de détachement avec la série.

Shane a beau se la jouer gros fumier, son comportement est réaliste, vu le contexte

Restent encore à signaler l'abus de clichés et les dialogues mal écrits. Sans intérêt, ces derniers trainent bien trop souvent en longueur pour ne rien dire ou tournent  autour du pot, pendant des plombes, pour faire passer un message qu'on aurait pu comprendre en quelques phrases. Sans oublier les discussions qui ne servent littéralement à rien ou qui sont complétement en décalage avec ce qui se passe à l'écran. Par exemple, quelqu'un peut m'expliquer l'intérêt du clin d’œil à Portal ? Sérieux, les scénaristes ont douze ans ou quoi?!.

Même si les plus gros soucis et défauts de cette série sont à imputer aux scénaristes, les acteurs ne sont pas en reste. D'un épisode à l'autre, d'une scène à l'autre, certains personnages peuvent complétement changer de personnalité et passer du statut de figurant passif à celui d'imbécile heureux. Franchement, tous sont tellement dégourdis qu'on se demande comment ils ont fait pour survivre AVANT que l'apocalypse ne s'abatte sur l'humanité !

La scène du puits : le summum de la connerie de la part des scénaristes (et des personnages)

Seuls les personnages de Shane (disparu de la BD depuis longtemps) et Daryl (inexistant dans la BD...) se comportent de manière censée et multiplient les coups de sang contre les autres, comme pour essayer de les faire sortir de leur état apathique. Même Dale, l'ancien du groupe, devient carrément chiant, alors qu'il cherche sans arrêt à intervenir auprès des autres pour leur faire la morale. Le must étant quand il suspecte exagérément Shane alors qu'il n'a absolument aucune preuve de ce qu'il avance ! La palme du n'importe quoi revient sans doute à Andrea. Alors que son personnage était plutôt bien mené dans la saison 1, il multiplie ici les bourdes et les crises de panique, porté par une prestation surjouée de Laurie Holden. Heureusement, les nouveaux venus sont assez fidèles à leurs versions papier et donnent un peu d'air frais à l'ensemble.

La jolie Maggie, nouveau personnage de cette saison : j'ai vraiment peur du traitement qui lui sera réservé par la suite...

J'ai toujours un mal fou à comprendre le succès du show vu ses qualités réelles. Si on oublie le fait que c'est tiré d'un comic-book et qu'on regarde la série pour ce qu'elle est, Walking Dead reste une série TV très moyenne pour ne pas dire mauvaise. Bon, c'est sûr, c'est la seule avec des zombies dedans et ils sont plutôt bien fait, mais quand même ! Les spectateurs sont-ils aussi bêtes que les protagonistes pour encenser de la sorte une telle série? A croire qu'il suffit de mettre des zombies à l'écran pour plaire au plus grand nombre ! Dire qu'à une époque on critiquait en masse Lost, alors qu'elle était au moins 100 fois supérieure à Walking Dead à tous les niveaux ! (Ouais, je suis un peu dégouté, j'avoue...)

Le twist final de l'épisode 7 est juste énorme : ça c'est du Walking Dead !

Cette première partie de saison 2 est finalement tout aussi décevante que l'était la saison 1. Seules les dix dernières minutes sauvent un peu le tout, tant elles correspondent à ce que devrait ressembler la série en terme d'intensité dramatique. Reste à savoir si la saison va continuer dans ce sens, mais, comme je n'ai cessé de le répéter l'année dernière déjà, il serait vraiment temps de changer de scénaristes, en embauchant des professionnels pour commencer...

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
30Jan/122

[Dossier] Pourquoi j’aime les morts-vivants ?

Il y a quelques années, pas vraiment intéressé par les films de zombie et les films d'horreur en général, on peut dire que j'ai découvert le genre en passant par la grande porte. Dans la même journée j'ai enchaîné La Nuit des Morts-Vivants, Zombie et Le Jour les Morts-Vivants soit des références réalisées par l'homme qui a lancé le genre : George Romero. Captivé par l'ambiance et les relations entre les personnages, je n'ai pu m'arrêter de dévorer du zombie qu'une fois la pile de DVD épuisée ! Qu'est-ce qui justifie mon intérêt pour les morts-vivants ? En quoi les bons films de zombie nous font souvent davantage réfléchir qu'un film classique ? Quelles en sont les œuvres majeures et quel avenir attend ce type d'histoire ?

La fin du monde, bouleversement du quotidien

Les films de fin du monde font partie du cinéma depuis des décennies. On remarque qu'une grande majorité de films de ce genre mise sur le spectaculaire et les situations, avouons-le, invraisemblables. L'un des derniers exemple en date est le 2012 de Roland Emmerich. Si la première scène catastrophe prend vraiment aux tripes par son intensité, les autres manquent cruellement d'intérêt, chacune étant une surenchère de la précédente. La surprise passée on se rend compte que tout ça est un peu trop spectaculaire, que les personnages, sensés être des gens normaux, s'en sortent trop facilement, sont trop courageux et ont une personnalité clichée qui se limite souvent à leur rang social ou leur place au sein de la société.

On a fait le tour des fins du monde au cinéma, il faut donc innover, proposer quelque chose qui ne s'est jamais fait, choquer le spectateur pour le surprendre et le captiver. Certains l'ont compris, en témoigne La Guerre des Mondes de Spielberg qui met en scène des personnages banals qui n'ont pas le profil de héros et qui se retrouvent face à des situations extraordinaires. Sans être sanglante, chaque apparition des Tripodes du film choque le spectateur. Machines gigantesques, ils font du bruit, font trembler le sol sous leur pas, détruisent tout ce qui leur passe sous le nez et font des victimes par centaines.

Mais, plus encore que les scènes de destruction du film, ce que l'on retient c'est les relations entre les personnages et les émotions qui les animent. Une famille recomposée est au centre de l'intrigue et les frictions et divergences d'opinions entre les personnages les suivent tout au long du film. Rappelons aussi qu'une bonne moitié du film est un huis-clos au fond d'une cave entre Tim Robbins, Tom Cruise et Dakota Fanning et que c'est dans cette partie que l'on retrouve le plus de tension émotionnelle, le personnage de Robbins ayant une vision particulière sur la façon de gérer cette invasion.

Aujourd'hui, la fin du monde se doit d'être intimiste, à hauteur d'hommes, que ce soit en ce qui concerne le point de vue ou les émotions qui assaillent chacun d'entre eux et guident leurs choix et leur progression au sein de l'histoire.

Des survivants autour d'un poste de radio dans La Nuit des Morts-vivants de George Romero

Où je veux en venir ? Ce chemin que les films de fin du monde commencent à explorer, les films de zombies le foulent depuis leur naissance ! Les bons films de zombies (car il y en a plus de mauvais que de bons, il ne faut pas se leurrer) sont peuplés de monsieur-tout-le-monde qui mènent une vie banale, vont au boulot, ont des problèmes tout comme nous. Les personnages voient donc leur quotidien bouleversé par une apocalypse et n'ont d'autre choix que de devenir quelqu'un d'autre, d'avoir des comportements plus primaires pour assurer leur survie. Tout le monde se retrouve alors obligé de manipuler des armes, d'être plus méfiants que d'ordinaire, de fuir le danger voire, pire que tout, de commettre des meurtres.

On se met donc à la place des personnages, se demandant ce que nous ferions à leur place. Comme ils agissent rarement en héros on en vient à la conclusion qu'à leur place on agirait sans doute de la même manière. Du coup la curiosité nous fait rester jusqu'au bout du film pour savoir ce qu'il va leur arriver.

L'enfer c'est les autres

J'ai beau parler de fin du monde et d'apocalypse, jusqu'ici je n'ai pas encore traité du personnage du zombie en lui-même. Il y a une raison simple à cela : Ils ne sont que les catalyseurs de l'apocalypse. Leur apparition génère la panique, l'horreur, la violence, la folie. Ce n'est pas eux qui mettent en ruine des villes entières mais leurs habitants. Encore une fois c'est la faute à monsieur-tout-le-monde si notre univers sombre dans le chaos. Pour une personne qui va garder son calme face à la situation il y en aura vingts autres qui vont paniquer, hurler et provoquer des dommages physiques ou matériels !

Les tensions entre les survivants sont au cœur de L’Armée des Morts de Zack Snyder

Un parfait exemple du chaos généré par ce genre de situation est la scène d'introduction de L'Armée des Morts de Zack Snyder. On y voit une zone résidentielle littéralement s’enflammer et c'est à peine si les zombies apparaissent à l'image. Pourtant ils sont là. Tout le temps. Et c'est ça qui amène une telle ambiance aux survivals de morts-vivant. On ne les voit pas mais les personnages humains survivants, conscient de leur présence et des dangers qu'ils représentent, sont tendus, ont des réactions violentes et finissent par frôler la mort en prenant des risques.

Dans les bons films de zombies, les morts-vivants ne sont qu'un contexte, un prétexte, et restent en arrière-plan au profit du groupe de personnages qui tente de s'organiser au cœur du chaos. Le schéma classique de ce genre d'intrigue commence par la fuite puis la recherche d'un abri. Mais la découverte de cet abri ne signifie par pour autant que les personnages sont en sécurité. Il leur faut aussi chercher des provisions, des armes et des munitions et parfois grossir leurs rangs avec de nouveaux arrivants dont on ne connaît rien et sur lesquels il faudra garder un œil.

Quand il n'y aura plus de place en enfer...

Suite à un incident quelconque, très rarement expliqué dans les histoires du genre, une partie de l'humanité est contaminée et se change en morts-vivant, avant d'attaquer le reste de la population pour les dévorer et accessoirement les contaminer, afin qu'ils rejoignent les rangs des morts-vivants. Le problème des zombies c'est qu'ils ressemblent encore à des humains, malgré leur état de décomposition plus ou moins avancé. Et parfois ce zombie ressemble curieusement à l'un de vos proches dont vous êtes sans nouvelle depuis le début de l'apocalypse. Quand ça n'est pas un personnage qui subit la transformation carrément sous nos yeux, suite à une morsure ! Un terrible dilemme s'offre alors au personnage, face à une telle situation. Il doit éliminer la créature s'il veut survivre mais, en même temps, il n'ose pas tirer sur la personne qu'il a connu avant que le monde ne parte en vrille.

Les zombies sont lents, bêtes, ils sentent à des kilomètres mais ils sont surtout silencieux et terriblement nombreux. Il n'est pas rare de tomber nez-à-nez avec l'un de ces cadavres ambulants au détour d'un couloir. Il est là, tranquillement débout au milieu du passage et, comme ses semblables, il rode dans les parages sans but. Il faut alors se débarrasser de lui pour peu qu'il ne se soit pas déjà jeté sur vous. Trois possibilités s'offrent alors à vous :

- Esquiver, de loin la plus prisée et la plus recommandée, mais pour autant le danger de sa présence est toujours là et il y a peu de chances qu'il soit au même endroit la prochaine qu'il vous tombera dessus, puisqu'il va partir roder dans votre direction et se perdre quelque part où vous vous attendrez le moins à le trouver la prochaine fois.

- Pris de panique vous essayez de l'abattre. Une arme à feu parait la solution la plus sure. Certes, pour peu que, les mains tremblantes, vous arriviez à aligner son crâne, seule faiblesse pour assurer l'élimination de la créature, et à lui planter une balle dans la tête vous en serez débarrassé. Mais le coup de feu risque d'attirer bon nombre de ces congénères à l'ouïe fine multipliant le danger. Notez, par ailleurs, que vos munitions vont diminuer, proportionnellement au nombre croissant de mort-vivants. Allez savoir pourquoi...

- Gardant votre sang froid, vous décidez d'utiliser une arme silencieuse, en général de corps-à-corps, pour faire taire définitivement le monstre. N'importe quel objet du quotidien qui vous passe sous la main fera l'affaire (raquette de tennis, fer à repasser, chaise). A bout portant, les risques sont plus importants mais au moins vous n'avez plus à vous inquiéter de ce rôdeur ni des autres qui auraient pu accourir en cas de tapage.

Dans la série des 28 Jours Plus Tard mieux vaut savoir courir pour échapper aux infectés

Encore une fois, c'est l'humain qui est au centre des histoires de zombies. Ses choix et ses réactions face à des situations données guident sa destinée, font avancer l'intrigue et la rendent captivante. La crainte de voir mourir un personnage est alors constante, renforcée par le milieu hostile et les autres personnages, tous aussi imprévisibles les uns que les autres. L'Homme, face à une situation extraordinaire, qui se bat pour sa survie en tachant de préserver son humanité.

...les morts reviendront sur terre.

On l'a vu, ce qui m'intéresse dans les histoires de zombies ce n'est pas les effusions de sang et les scènes de cannibalisme. Oui, il y a du sang dans ce genre de films mais, puisque les morts-vivants sont mis en arrière-plan, ces scènes ne représentent qu'une infime partie du long-métrage. Bien sûr, face aux dangers encourus par les personnages, il est bien normal qu'à un moment ou un autre, une mauvaise analyse de la situation, un mauvais choix conduisent à la mort, souvent sanglante, d'un personnage. Il est d'ailleurs dommage que la violence graphique de ces histoires empêche un certain public de découvrir ces films captivants, reflets de la société et des comportements de chacun, face à une situation extrême. Surtout quand certains films de guerre ou policiers sont tout aussi violents si ce n'est plus ! Il Faut Sauver le Soldat Ryan n'a, par exemple, rien à envier au Jour des Morts-Vivants.

Les deux héros passablement attardés de Shaun of the Dead d'Edgar Wright

Les zombies reviennent à la mode depuis le début des années 2000. Ils sont maintenant rapides mais toujours aussi nombreux et on les appelle des infectés. L'Armée des Morts (Zack Snyder), que je regarde plusieurs fois par ans avec le même plaisir, ou les 28 Jours/Semaines Plus Tard (Boyle/Fresnadillo) font partie des bons films de zombies de ces dernières années. Dernièrement les deux [Rec] (Jaume Balagueró/Paco Plaza) ont poussé le concept plus loin avec la caméra subjective, mais on s'éloigne au final un poil du zombie original. On peut aussi y ajouter les parodiques Shaun Of The Dead et Bienvenue à Zombieland qui utilisent les clichés classiques du genre avec succès. Je ne peux que conseiller aussi les films de George Romero dont j'ai parlé au début : La Nuit des Morts-Vivants, Zombie et Le Jour des Morts-Vivants auxquels on peut ajouter Land Of The Dead et le suivant Diary Of The Dead (Je n'ai pas encore vu Survival Of The Dead, dernier opus en date). Bien que moins fins et plus blockbusters que la trilogie originale, ceux-ci apportent des idées intéressantes et dispensent toujours des messages sur les dérives de la société contemporaine.

Suivant l'effet de mode, les jeux vidéos se multiplient sur le thème, mais le seul parvenant véritablement à retirer l'ambiance de ce genre de film et l'aspect social reste pour moi la série des Left 4 Dead de Valve. Quatre joueurs, face à des hordes d'infectés, qui s'entraident pour progresser d'un abri à un autre. Bien sûr, on est plus proche d'un film d'action que d'un survival, comme au cinéma, mais en attendant un hypothétique "jeu de survie durant une apocalypse zombie" où l'aspect survie n'aura d'égal que l'ambiance étouffante du milieu, c'est ce qui se fait de mieux.

Car c'est du côté des développeurs indépendants qu'il faut se tourner pour trouver des jeux qui osent effleurer l'aspect survie et menace zombie. Là-aussi, on trouve de tout. Certains regorgent de bonnes idées, d'autres ont peu de qualités mais apportent une poignée de mécaniques inexploitées et pourtant essentielles pour ce genre de jeu. Certains sont aussi payants et d'autres gratuits. J'ai d'ailleurs déjà présenté l'un d'entre eux, le fameux Rogue Survivor, qui reste à ce jour et à mes yeux, le meilleur représentant vidéo-ludique de la race des "survival zombie". Récemment un autre projet a émergé du lot : Project Zomboid. Développé par une petite team de passionnés, ce jeu encore en développement propose d'excellentes idées et promet énormément dans l'avenir.

Project Zomboid, un jeu indépendant qui promet

La littérature, quand à elle, est plutôt avare dans le genre. On a bien sûr les très connus Guide de Survie en Territoire Zombie et World War Z de Max Brooks. Si le premier est assez dispensable car plus Guide de Survie que En Territoire Zombie, le second est un vrai bijou. Alternant les points de vue sur une apocalypse de zombie qui a duré des années, chaque personnage raconte une étape précise des événements dont il a été un témoin plus ou moins direct. On y traite de politique, de stratégie militaire ou simplement de la survie, bref, c'est un véritable portrait contemporain de l'humanité qui trouve écho dans l'actualité. N'oublions surtout pas Je Suis une Légende de Richard Matheson, véritable chef-d'œuvre et précurseur du genre, même si les morts-vivants sont ici des vampires. J'ai aussi lu Un Horizon de Cendres de Jean-Pierre Andrevon qui, malgré un début lent, devient une vrai histoire de zombie dans sa dernière partie. Chroniques de l'Armageddon de J.L. Bourne s'est aussi avéré être une très bonne surprise. Même si l'auteur s'attarde peu sur l'aspect humain et les émotions des personnages, son traitement très réaliste de cette fin du monde et des événements auxquels se retrouvent confrontés les personnages font de ce livre un de mes préférés dans le genre : je l'ai dévoré en un week-end et ne pouvait pas m'arrêter, tant c'était prenant.

Les histoires de zombies partent d'une infection et quand on voit la psychose provoquée par certaines maladies ces dernières années (la grippe H1N1 dernièrement), on comprend pourquoi le cinéma, et l'art en général, s'intéressent à ce type d'histoire. Les gens aiment se faire peur et plus cette peur colle à leur quotidien, plus ils aiment ça. Pour ceux ayant lu ce dossier jusqu'ici, mais, malgré tout, toujours frileux à l'idée de regarder un film avec des zombies cannibales, dont la présence est, je le rappelle, mineure par rapport au reste du film, vous pouvez toujours vous tourner vers l'excellent Infectés sorti en 2010 et dont j'ai fait une critique ici. Vous y retrouverez tout ce qui rend les films de morts-vivants intéressants sans... les morts-vivants.

Walking Dead

Il me parait impensable de terminer ce dossier sans parler du monument qu'est le comic-book Walking Dead de Robert Kirkman. Pourquoi ne pas l'avoir évoqué plus tôt ? Simplement parce que ce comics est une véritable synthèse de l'histoire de zombies ! Son créateur a pris tout ce qui rend ces histoires si intéressantes et en a fait l'histoire de zombie ultime. Les personnages "humains" face à une situation qui les dépasse qui s'allient pour survivre le plus longtemps possible. Simple mais efficace et diablement prenant !

Le quotidien des survivants de Walking Dead

D'ailleurs, s'il n'y a qu'une seule histoire de zombies à suivre, à l'heure actuelle, tous médias confondus, c'est bien celle-ci, tant la qualité de son écriture et l'évolution de son intrigue frisent la perfection. Les surprises se succèdent, les personnages vont et viennent, survivent et meurent, et leurs personnalités et leur relations complexes évoluent sans cesse. Le must de cette BD c'est, qu'alors que les films de zombies se terminent forcément au bout de deux heures, laissant rarement les protagonistes en bonne posture, Walking Dead continue et les climax scénaristiques, qui en général clôturent les films du genre, se multiplient pour relancer à chaque fois l'intrigue vers quelque chose de nouveau et mettre les personnages dans des situations inédites tout en restant toujours crédible et réaliste.

Quatorze tomes sont déjà parus en France chez Delcourt et une série TV, dont j'ai déjà parlé ici, a débuté l'année dernière sur AMC. J'ai d'ailleurs moyennement apprécié la première saison qui s'est montré très décevante et pas du tout à la hauteur du comic-book. Je devrais commencer prochainement à regarder la deuxième mais, d'après les premiers échos, ça s'annonce toujours dans la même veine.

Après avoir cartonné dans les années 70-80, le zombie a disparu des écrans avant de faire un retour en force dans les années 2000. Devenu une véritable icône de la culture populaire, le zombie a depuis gagné sa place parmi les bestioles qui hantent les cauchemars et les écrans, aux côtés des monstres de l'espace et autre créatures génétiquement modifiées. Autant dire que, malgré son état de décomposition avancée, le zombie n'a pas encore fini de faire parler de lui !

Ce dossier est dédié à Funfab pour m'avoir fait goûter aux zombies la première fois. 😉

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
Remplis sous: Dossier 2 Commentaires
19Nov/110

The Thing (2011)

The Thing de Matthijs van Heijningen Jr.

Quand cette version 2011 de The Thing a été annoncée, on ne savait pas trop à quoi s'attendre et les scénaristes et producteurs n'arrivaient pas non plus à se mettre d'accord sur ce qu'ils comptaient faire avec ce film. Remake ? Prequelle ? Suite ? Reboot ? Voilà qui avait de quoi inquiéter les amateurs du film culte de John Carpenter sorti en 1982. Tout le monde jugeait ce nouveau film inutile, prétextant qu'il ne ferait que décrédibiliser l'original. En effet, ces dernières années, rares sont les remakes de films cultes des années 80 qui ont réussis, au moins, à se hisser à la cheville de leur grand frère et se sont avérés justifiés.

Finalement, ce The Thing nouvelle génération est une prequelle. Un film qui se passe avant. On y suit l'équipe de scientifiques norvégiens qui découvre la fameuse créature extraterrestre prise dans les glaces de l'Antarctique. J'avoue avoir été agréablement surpris par ce film. On y retrouve l'ambiance lourde et sérieuse et l'essence même du film de Carpenter avec ce mélange de survival et de paranoïa entre les personnages. La tension est palpable tout du long et on s'attend souvent au pire tant on sent que quelque chose se prépare ou que tout va dégénérer d'un instant à l'autre.

On retrouve la scène de l'autopsie de la créature...

Sans fioritures, la mise en scène de Matthis van Heijningen Jr. est sobre mais efficace de même que le scénario qui, s'il reprend quelques idées du film de 82, parvient à les détourner et à multiplier les idées chocs et originales pour mieux surprendre les connaisseurs. Ce prologue est si bien mené qu'il parvient petit à petit à boucler la boucle et s'achève littéralement là où commence celui de Carpenter. Une vraie prouesse de scénariste tant l'entreprise s’avérait casse-gueule ! Ajoutons à cela la bande-son de Marco Beltrami qui reprend le thème original de Morricone et illustre parfaitement l'ambiance oppressante et stressante de ce huis-clos en pleine nature glacée.

Seul différence mineure avec le précédent volet (qui, du coup, est en fait sa suite, si vous avez suivi), le traitement de la créature polymorphe. Différences technologiques oblige, celle-ci n'est plus ou peu en animatroniques mais en images de synthèse. Du coup elle est plus vive, plus rapide, plus dangereuse mais toujours aussi crade et dérangeante, à l'image des nombreuses transformations qui parsèment le film. Dans l'ensemble les effets visuels sont de qualités et rendent bien hommage au film de Carpenter mais, certaines scènes sont pourtant un peu moins réussies, la faute à un rendu perfectible de la créature. Ce léger problème technique n’entache pourtant en rien les qualités du film.

... et les lance-flammes, arme ultime contre les monstres venus de l'espace

Son casting est lui-aussi étonnamment réussi car convaincant avec de véritables gueules et des personnages plus ou moins attachants en fonction du traitement qui leur ai réservé. Quoi qu'il en soit, chacun est crédible et réagit avec réalisme à chaque situation, ce qui apporte un énorme plus au côté psychologique du film. Ce The Thing est donc une excellente surprise, un survival de science-fiction bien mené, au suspense omniprésent et qui, même s'il est un cran en dessous, s'emboite à merveille avec le film original. Qui plus est, il donne terriblement envie d'enchainer avec la vision de ce dernier.

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
30Oct/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 10 – Comment mourir en 10 leçons !

Nouvelle incarnation où je trouve une planque rapidement, j'arrive à faire des réserves et à installer un lit mais j'ai des squatteurs particulièrement collants !

Site Officiel de Rogue Survivor : http://roguesurvivor.blogspot.com

David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
20Oct/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 9 – Cache-cache avec les morts

Les zombies sont partout, les flingues s'enrayent, les gangstas se bouffent entre eux, je cours dans tous les sens, bref, c'est la débandade générale. Dire qu'on est qu'au jour 7...

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David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
18Oct/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 8 – Bed-Man

J'assiste à des massacres, je trimballe mon lit dans la rue pourchassé par des mort-vivants et je rentre chez moi pour tomber sur des gens qui n'étaient pas invités...

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David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
2Oct/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 7 – Visite matinale

Je continue ma recherche d'un lit, j'explore le quartier, je fais des rencontres plus ou moins amicales et puis, un beau matin, des amis tapent à la porte...

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28Sep/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 6 – Assiégé

Enfin à l'abri dans notre centre commercial. C'était trop beau pour durer. Des zombies tapent à la porte et il va falloir s'en débarrasser rapidement...

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27Sep/110

[Vidéo] Rogue Survivor Episode 5 – C’est les soldes !

On aménage un peu le centre commercial bourré de nourriture pour le sécuriser et on croise les doigts pour que notre fort tienne le coup...

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David Dufrey. 31 ans. J'écris des histoire, bricole des jeux depuis près de 20 ans et me suis lancé dans la réalisation de courts-métrages il y a peu. J'ai créé le Suniverse en 2010 pour partager ma passion pour l'imaginaire, mes hobbies et présenter mes différents projets artistiques.
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